POLITIQUE

Des recrues embarrassantes pour la N-VA

Des recrues embarrassantes pour la N-VA

Jurgen Ceder avait été un des auteurs de l’actualisation du programme xénophobe en 70 points du Vlaams Belang. Reporters (Illustration)

Le passage à la N-VA d’un nombre important de transfuges du Vlaams Belang devient gênant pour le parti de Bart De Wever...

Lundi dernier, les discussions ont été vives au sein du bureau de la formation nationaliste, rapportait samedi le «Standaard». Car le dernier recrutement en date, celui du sénateur Jurgen Ceder, qui sera candidat à Dilbeek, a été la goutte qui a fait déborder le vase : il y a peu, l’homme avait été un des auteurs de l’actualisation du programme xénophobe en 70 points du Vlaams Belang.

Jan Peumans, président du Parlement flamand, a sonné la charge. Appuyé par des hommes comme Siegfried Bracke et Éric Defoort. La direction de la N-VA a dès lors déclaré le recrutement clos. Juste après avoir entériné l’arrivée de Steven Dupont, conseiller communal Vlaams Belang à Dilbeek…

«Nous avons 34 000 nouveaux membres, dont 200 avec un passé politique. 40 d’entre eux seulement proviennent du Belang» a ironisé le député N-VA Ben Weyts.

La remarque visait une opinion exprimée hier dans le «Morgen» par les cousins Patrick Dewael, ancien ministre de l’Intérieur, et Marleen Vanderpoorten, ex-présidente du Parlement flamand. «On peut considérer comme un fait positif l’affaiblissement du Vlaams Belang » écrivaient-ils. «Mais penser que ces transfuges ont renoncé à leurs idées xénophobes et racistes est faire preuve d’aveuglement ou de naïveté. ( … ) Leur engagement dans leur nouveau parti n’affaiblira pas leur penchant pour le séparatisme; leur préférence nationale; leur haine des étrangers; leur rejet de l’homosexualité, ou le langage brutal qui a été le leur pendant des années».

Côté francophone, Didier Reynders s'est félicité mardi matin du début d'un débat en Flandre après le passage à la N-VA de plusieurs nombreux anciens membres du Vlaams Belang, tout en espérant que cette "gangrène ne gagne pas l'ensemble" du parti nationaliste.

« Quand on voit le nombre de personnes passées à la N-VA (en provenance du parti d'extrême droite, ndlr), il y a de quoi s'inquiéter. Ce qui est un bon signe, c'est que l'on entre dans un débat de fond » sur le nationalisme et l'extrême droite, a-t-il affirmé lors de l'émission Matin Première de la RTBF, dont il était l'invité.