Une réponse à la crise du bois

Les exploitants forestiers ont du mal à garder leur main-d’œuvre auprès d’eux. Le secteur n’est pas assez valorisé.

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Le secteur du bois n’est pas au beau fixe en Wallonie. Manque de main-d’œuvre, lourdes charges administratives… Le secteur nous en parle.

La forêt, en Wallonie, on connaît. Un tiers de la superficie du territoire wallon en est recouvert. Une richesse naturelle, qui génère également des revenus touristiques et économiques.

Mais l’économie du bois pourrait mieux tourner. Les problèmes sont aussi nombreux et variés qu’il y a d’acteurs : propriétaires de parcelles, exploitants, scieries, papeteries…

1. Lourdes charges administratives «Le plus lourd, ce sont les charges administratives», témoigne un exploitant forestier. «On nous dit depuis deux générations qu’on va alléger les charges, et surtout l’administratif. Depuis le début de ma carrière, c’est le mouvement inverse qui se produit. C’est de plus en plus lourd».

Le problème est partagé par les industriels (menuiseries…) qui doivent notamment faire face à une nouvelle norme CE (européenne) de marquage du bois, qui engendre des coûts administratifs importants.

2. Manque de main-d’œuvre qualifiée Le problème de la main-d’œuvre est également pointé du doigt, aussi bien par les exploitants que par les industriels : «J’avais un ouvrier, qui m’a dit de le mettre au chômage, parce qu’il gagnerait plus à faire du bois de chauffage en noir qu’à rester à mon service.» Et au-delà du manque d’attractivité, c’est aussi la formation qui laisse à désirer.

3. Un marché peu valorisé«Les entreprises publiques, les bureaux d’études, les architectes donnent toujours en exemple ce qui se fait en Autriche, en Allemagne, en Suisse, et occultent un peu le savoir-faire des entreprises belges», déplore Laurent Riche, entrepreneur en construction actif dans le bois (Stabilame).

Un jugement pas forcément infondé : les installations wallonnes ne sont pas toujours à la pointe de la technologie. Mais c’est aussi sur le plan économique que joue la concurrence étrangère  : « C’est moins cher d’exporter le bois en Chine et de le ramener sous forme de meubles, que d’en faire des meubles chez nous. C’est ridicule», assène notre exploitant.

4. Manque de dialogue dans le secteur

Enfin, certains acteurs déplorent le manque de concertation entre les différents acteurs du secteur. Le constat est soulevé par Laurent Riche : «Il n’y a pas vraiment de volonté commune des acteurs du secteur pour faire avancer le produit belge, les essences belges… On ne se connaît pas».