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Maxisuccès pour les microcrédits

Maxisuccès pour les microcrédits

Chris Derudder (à gauche) a pu développer son activité de traiteur grâce à un microcrédit reçu du Crédal.

© François Brisbosia – Crédal

Les microcrédits ont la cote. Une approche intelligente et responsable qui permet de créer de l’activité. Et donc de la valeur ajoutée.

La Belgique manque d’entrepreneurs. Pourtant, certains candidats doivent renoncer faute d’avoir pu obtenir un crédit auprès d’une banque. Heureusement, une dernière solution existe : le Crédal, une coopérative de financement alternatif. L’an dernier, 93 personnes ont ainsi reçu un microcrédit à Bruxelles et en Wallonie. C’est 16 de plus qu’un an plus tôt.

Renaud Pinchart est l’un d’eux. Le jeune homme de 33 ans a décidé l’an dernier de se lancer comme maraîcher biologique à Wépion. Mais faute de garantie suffisante à apporter aux banques, celles-ci ont refusé de lui accorder les fonds nécessaires. Mais le diplômé en agronomie, alors chômeur, ne s’est pas laissé démonter. Il a pris contact avec le Crédal qui lui a accordé un prêt de 4 500 € et un crédit de trésorerie de 14 000 €. De l’argent qui a permis à Renaud Pinchart de se lancer et de désormais vendre le fruit de son travail.

Au total, c’est une petite centaine de personnes qui ont pu démarrer une activité l’an dernier grâce aux microcrédits professionnels. Près de deux tiers d’entre eux étaient des chômeurs ou des demandeurs d’emploi. Désormais, ils sont traiteur, agent immobilier, gestionnaire de crèches ou patron d’une boutique. Le commerce de détail (29 %), les transports (12 %) et l’Horeca (10 %) sont les trois premiers secteurs d’activité des personnes qui ont reçu un microcrédit. Ce qui est assez logique, analyse Bernard Horenbeek, directeur du Crédal, puisque ce sont des secteurs où « il ne faut que très peu de moyens pour démarrer ».

En 2011, les 93 candidats (sur 1 023 demandes introduites) ont reçu en moyenne 7 038 €. De l’argent qu’ils devront rembourser endéans les quatre ans et moyennant un taux d’intérêt fixé à 5 %.

Mais le Crédal ne se limite pas à aider les candidats entrepreneurs. Il offre également deux autres types de microcrédits.

Les crédits sociaux, octroyés à 519 personnes l’an passé, visent à améliorer le quotidien de personnes aux revenus modestes ou des exclus bancaires. Car «ce n’est pas parce qu’on n’a pas d’argent qu’on ne peut pas avoir de projet de vie», fait remarquer M. Horenbeek. Une manière aussi d’éviter que ces personnes dans le besoin n’aient d’autre choix que de se tourner vers les crédits à la consommation ruineux. Ou comment «lutter contre le surendettement par le crédit». Une approche plutôt « paradoxale», en convient le directeur du Crédal, mais pourtant efficace.

L’organisme finance aussi, à taux zéro, des projets qui visent à réaliser des économies d’énergie. Ce sont les prêts verts dont ont bénéficié 94 personnes l’an dernier.

D’année en année, le succès rencontré par les microcrédits du Crédal va croissant. Preuve d’une plus grande paupérisation de la société ou d’une notoriété de plus en plus grande? « Sans doute les deux», selon Bernard Horenbeek.