Culture

Plus d’un quart des francophones sont des « désengagés culturels »

Plus d’un quart des francophones sont des « désengagés culturels »

S’engager vis-à-vis de la culture, 28 % des francophones ne le font pas

HEYMANS

Pas moins de 28% de la population en Fédération Wallonie-Bruxelles se caractérise par une absence d’engagement vis-à-vis de la culture, exprime peu de goûts et n’a pas d’activités de loisirs, en ce compris sur internet, selon une étude à paraître de l’Observatoire des politiques culturelles.

Cette proportion ne diffère pas de ce qui existe en France, a précisé André-Marie Poncelet, administrateur général de la Culture, lors de la présentation du rapport d’activités 2011 de son administration.

Elle touche principalement la tranche d’âge des 41 à 65 ans ainsi que les moins instruits. Mais c’est aussi dans cette tranche que se retrouve la plus forte proportion de «voraces culturels» (8% de la population), les plus assidus aux lieux culturels et artistiques.

Une seconde classe regroupe 13% de la population, qualifiée de «nostalgique». Peu actifs au niveau culturel, ses représentants ont néanmoins un niveau d’activité plus élevé que les «désengagés culturels», surtout pour des activités à l’intérieur du foyer, relève cette étude développée au travers de douze indicateurs.

La troisième classe, celle des «festifs» (6%) se caractérise par des sorties fréquentes dans les lieux d’attractions et de fête, écoute de la musique, mais pas le plus souvent. «Cette catégorie est surreprésentée dans le Hainaut», fait observer Poncelet.

Désengagés, nostalgiques et festifs regroupent dès lors «plus de 50% de la population pour lesquels la culture ne dit pas grand chose».

La classe jeune connectée à la nouvelle culture d’écran

La classe des «connectés» (21%), majoritairement jeune, est principalement caractérisée par une grande participation à la «nouvelle culture d’écran» (internet, jeux sur PC ou consoles, DVD, etc) et est en croissance dans tous les pays.

Les trois classes les plus cultivées, les «amateurs culturels à tendance classique» (13%), les «amateurs modernes» (11%) et les «voraces culturels», sont surreprésentées à Bruxelles, mais c’est également le cas des «désengagés culturels».

« Renforcer les droits culturels du plus grand nombre »

Cette première identification des profils de «consommateurs de culture» en Fédération Wallonie-Bruxelles devrait pouvoir «justifier des réorientations politiques pour renforcer les droits culturels du plus grand nombre», relève André-Marie Poncelet.

Elle a été dévoilée dans le cadre de la présentation de «Focus Culture 2011», le premier rapport de l’administration générale de la Culture à intégrer des données fraîches de l’année écoulée, pour les mettre à disposition tous dans un souci de transparence et de bonne gouvernance entre les opérateurs culturels subventionnés, a souligné la ministre de la Culture Fadila Laanan.

Les opérateurs «majeurs» - ceux qui bénéficient de plus de 250.000 euros de subventions par an, nécessitant un accord du gouvernement - sont au nombre de 186 au sein de la Fédération, soit 6% du nombre total des opérateurs. Ces «majeurs» (Opéra royal de Wallonie, Orchestre philharmonique de Liège, Théâtre national, Botanique, Charleroi Danse, etc) centralisent 61 % des dépenses culturelles totales.

La ministre Laanan a souligné l’intérêt d’une vision claire, à travers cet outil, pour évaluer la politique de subventions des opérateurs culturels, contre laquelle se sont élevées des critiques ces derniers mois.

Rappelant qu’actuellement, certains opérateurs sont défavorisés par rapport à d’autres selon que leur convention est renouvelée en période de difficultés budgétaires ou non, elle a une nouvelle fois défendu sa volonté d’une remise à niveau équitable, par le renouvellement des conventions à date fixe (1er janvier 2013 ou 2014 selon les domaines).