BUDGET

MR : « pas d’austérité pour la sécurité »

MR : « pas d’austérité pour la sécurité »

Le MR voudrait qu’on lâche du budget pour la sécurité. C’est nouveau,dit Milquet…

BELGA

Les libéraux francophones veulent faire de la sécurité une «exception positive» dans le plan d’austérité.

Le MR défend une «exception positive» pour la sécurité dans les efforts de rigueur budgétaire mis en œuvre par le gouvernement, a annoncé Vincent De Wolf lors des débats politiques dominicaux sur la RTBF et RTL, tous deux consacrés à la polémique initiée par ses propos cette semaine.

Le bourgmestre d’Etterbeek, qui a précisé s’exprimer au nom du président du parti Charles Michel, a souligné que la politique de sécurité devait être épargnée par les efforts d’économies déployés au sein de la majorité.

«C’est nouveau. Je prends acte et j’attends la réponse de Didier Reynders en comité ministériel restreint mercredi», a réagi la ministre de l’Intérieur et vice-Première cdH Joëlle Milquet. Selon elle, le MR bloquait jusqu’à présent ses efforts pour doter la police de moyens supplémentaires.

Mais les débats ont surtout porté sur le manque de moyens dans la police, confirmé par Eddy Lebon, du syndicat Sypol, qui a critiqué les «effets d’annonce» des précédents gouvernements. Il manque 2.500 policiers dans tout le pays, selon lui.

Le syndicaliste a néanmoins salué «la démarche cohérente et positive» de Joëlle Milquet, qui a rappelé pour sa part avoir dégagé des moyens pour l’engagement progressif de 400 policiers supplémentaires, «ce que n’ont pas fait les ministres précédents, notamment en 10 ans de ministres libéraux».

Qualifiant la sécurité de «premier des droits de l’homme», Mme Milquet a estimé que le gouvernement «doit trouver les moyens» pour «un plan de redéploiement police-justice», en lequel elle voit une priorité «à côté du plan de relance».

L’une des pistes évoquées pour renforcer la sécurité est le déploiement de militaires pour protéger certains sites stratégiques, en sorte de libérer des policiers pour d’autres missions. Loin de la polémique qu’a suscité cette semaine la référence au dispositif français Vigipirate, l’idée semble consensuelle.

Mme Milquet a rappelé qu’elle travaillait à la création d’un «corps souple de sécurisation des endroits stratégiques», impliquant les militaires.

Mais le déploiement de soldats dans les rues continue de susciter de fortes réticences.

Tous les intervenants se sont aussi entendus sur la nécessité d’un suivi judiciaire des interventions de police. «À l’heure actuelle, 75 à 80 % des PV rédigés par la police sont classés sans suite. Il y a un problème de manque de magistrats», a affirmé Eddy Lebon.

Dans le même ordre idée, plusieurs intervenants ont mis en garde contre un renforcement de la sécurité aux dépens d’autres secteurs. «Ce serait malheureux qu’on vide le budget des associations», a dit l’Écolo Jean-Michel Javaux, selon qui «il ne faut pas prendre à l’un pour aller renforcer l’autre».