Esthéticienne sociale, un métier mal connu ?

Esthéticienne sociale, un métier mal connu ?

Esthéticienne sociale, Cédrine Gorreux soigne, non pas des clients mais des patients.

C.G.

Par des gestes simples, les esthéticiennes sociales améliorent le confort et contribuent au mieux-être de personnes gravement malades.

Des traitements de chimiothérapie sont physiquement et mentalement lourds. Perdre ses cheveux et ses sourcils est une épreuve pour un patient. L’accompagner dans l’acceptation de sa maladie et l’aider à restaurer son image est le rôle de l’esthéticienne sociale.

Encore méconnu en Belgique mais pourtant très répandu au Canada et en France depuis une vingtaine d’années, ce métier d’esthéticienne sociale tend à se développer chez nous. C’est particulièrement le cas dans la région de Charleroi où une douzaine d’étudiantes suivent une nouvelle formation en socio-esthétique.

Dans les hôpitaux du CHU et du GHDC de Charleroi, ces esthéticiennes sociales en formation sont accueillies bras ouverts par bon nombre de patients qui se sentent ignorés ou par un personnel soignant frustré de ne pouvoir disposer d’assez de temps.

Importance des soins pour l’image de soi

Un soin esthétique est une manière de valoriser le patient et de lui offrir un soutien thérapeutique et psychologique.

Depuis quelques années, les soins esthétiques sont reconnus dans les hôpitaux car mettre sa beauté en valeur n’est pas un luxe lorsque l’on est souffrant. « Prendre soin de soi aide à rester présent pour les autres et à se réconcilier avec son corps », explique Maria Chaliasos, professeur en socio-esthétique.

Bien-être assuré !

Les soins prodigués par la socio-esthéticienne ne sont pas encore bien connus en milieu hospitalier par les malades. «Les patients qui découvrent cette expérience peuvent se poser au début quelques questions mais tous les patients anxieux, nerveux et parfois agressifs qui ont bénéficié de ces soins esthétiques finissent par retrouver une part de sérénité, de détente et d’apaisement», assure l’enseignante.

Les bienfaits sont certains! «Les personnes suivant une chimio en hôpital de jour choisissent même de venir le jour où nous travaillons! »

Quels soins sont offerts ?

Selon la demande de la personne malade et du personnel soignant, l’esthéticienne sociale propose des soins de confort et d’hygiène comme des massages relaxants des mains et des pieds, des soins du visage (maquiller, redessiner des sourcils…), pédicure, manucure, soins d’hydratation, etc. «Des patients en chimiothérapie sont souvent focalisés sur la perte de leurs cils et réclament la pose de faux-cils. Mais pour des raisons d’infection, nous devons le refuser tout comme pour la pose de faux-ongles », détaille Maria Chaliasos. «Pourtant, une fois que nous avons réalisé un maquillage sobre en soulignant les paupières, les joues, les sourcils, les patients sont agréablement surpris, oublient la perte de leurs cils et veulent se montrer à leur famille! » Et l’esthéticienne sociale est présente également pour donner de précieux conseils notamment pour poser une prothèse capillaire ou un foulard.

De précieux soins qui peuvent redonner goût à la vie, stimuler un patient et l’amener à se réinvestir dans un processus de guérison ou de gestion de la maladie.