Humanitaire

Les sous-munitions, un fléau mondial

Les «Ban Advocates» ont été frappés par les armes à sous-munitions. Aujourd’hui, leur mission est de témoigner pour enrayer ce fléau.

Ils s’appellent Dejan, Lynn Branislav, Umarbek, Dusiaca, Sladjan,…. Ils viennent d’Éthiopie, de Serbie, d’Afghanistan, du Laos. Leur point commun? Ils ont croisé de trop près le chemin d’une sous-munition. Ils ont survécu. Ne les appelez surtout pas victimes. Inlassablement, ils ont décidé de se battre et de militer aux côtés d’Handicap International pour faire interdire ces armes. On les appelle les «Ban Advocates». «Ces survivants savent d’expérience les ravages causés par ces armes sur leur vie, leurs familles, leurs proches, explique Damien Kremer, porte-parole d’Handicap International. L’association humanitaire les a réunis, formés et accompagnés lors de différentes conférences régionales et internationales. Ils ont plus de poids que nous grâce à leurs témoignages. Leur contribution s’est déjà révélée déterminante. En 2008, grâce à eux, on a débouché sur une Convention internationale qui interdit l’utilisation, la production, le stockage et le transfert d’armes à sous-munitions, ainsi que le soutien à ces activités interdites. Cent onze pays ont déjà ratifié cette convention. Mais il reste beaucoup de travail pour convaincre les autres pays, dont certaines grandes puissances.»

Une vingtaine de Ban Advocates étaient donc cette semaine en formation au domaine de Villers-Sainte-Gertrude (Durbuy) pour pouvoir témoigner de leur vécu à travers leurs mondes et ainsi convaincre les pays non-signataires du traité.

98 % de victimes civiles

Ces armes à sous-munitions sont de véritables fléaux. Ce type d’arme est composé de plusieurs dizaines de bombelettes; les sous-munitions, qui sont transportées dans un container (bombe, obus, missile) puis éparpillées sur de larges superficies, parfois équivalentes à plusieurs terrains de football. « Ce sont des armes d’attente», indique Damien Kremer.

En effet, de 5 à 30 % de ces armes n’explosent pas à l’impact et peuvent dès lors exploser au moindre contact, tuant ainsi de nombreux civils parfois des années après les conflits. Les recherches menées par Handicap International indiquent que 98 % des victimes recensées par les sous-munitions sont des civils.