Une prison particu lièrement… accueillante

Une prison particu lièrement… accueillante

Une structure « à l’ancienne », où l’aspect relationnel et humain est volontairement mis en avant.

Photo Philippe BERGER

L’établissement est chaudement «recommandé», tant au sein du personnel pénitentiaire…que par les prisonniers eux-mêmes!

Emmenée par le président du Parlement wallon, Patrick Dupriez, une délégation officielle a visité la prison de Namur, vendredi dernier. Les député(e) s Anne Barzin, Marianne Saenen, Jean-Charles Luperto et le greffier, Frédéric Janssens, faisaient partie de ce groupe qui fut accueilli par M. Delchevalerie.

Le directeur de l’établissement a expliqué, à ses hôtes, l’histoire des lieux. Le bâtiment date de 1870. «Cette architecture, typique du XIXe siècle, s’articulait autour de deux axes. Il s’agissait, tout d’abord, de permettre aux gardiens de surveiller facilement l’endroit, tout en utilisant un personnel le plus réduit possible. Il convenait ensuite – c’était la règle, à l’époque – de favoriser l’amendement, l’isolement, le recueillement de tous les gens amenés ici.»

Pas ou peu de contacts, des ailes bien distinctes (et sous contrôle constant) dont une annexe psychiatrique : bien que quelque peu vieillot, le concept de cette maison d’arrêt (destinée donc à héberger prioritairement des prévenus, en attente d’un jugement) reste toujours aussi fonctionnel.

Évidemment, le régime disciplinaire n’est plus aussi strict que d’antan. « Les prisonniers peuvent bénéficier de tous les services nécessaires et de toutes les libertés… sauf celle d’aller et venir.»

Surpopulation

Et puis, comme partout ailleurs, la place a commencé à manquer. «La prison de Namur est l’une des plus surpeuplées du pays. Nous disposons de 140 places (pour 120 cellules) et nous en sommes, à présent, à 206 prisonniers. Le cap des 220 a déjà été atteint, auparavant…»

On a évidemment parlé d’alternatives, de surveillance électronique. «La libération conditionnelle n’est plus la formule qu’on privilégiait régulièrement, dans le passé, par rapport au fond de peine. Par ailleurs, les mesures transitoires n’allègent pas mais, au contraire, allongent la durée de la sanction. Et il reste toujours des périodes incompressibles très importantes. C’est qui explique l’encombrement dans la plupart des établissements du royaume.»