« Il faut s’inscrire dans une coéducation »

Isabelle Roskam, vous êtes professeur de psychologie à l’UCL, spécialisée dans l’éducation. Cette réaction des parents face à une sanction de l’école est-elle adéquate ?

Quand des parents désavouent l’école, c’est une manière de miner l’autorité de celle-ci. Cela ne me paraît pas de bon augure. Mais j’ajouterai un petit bémol en disant que les parents ont aussi une fonction de protection au niveau de l’enfant. D’après ce que j’en ai entendu, j’ai l’impression que l’on n’est pas dans ce cas de figure. La sanction proposée par l’autorité (NDLR : une rédaction) me semble constructive.

Justement, quelle réaction faut-il avoir face à un enfant puni à l’école ? Faut-il le rassurer, le punir une seconde fois…

La situation idéale, c’est quand des parents s’inscrivent dans une coéducation. C’est-à-dire que l’on ne se mêle pas tout le temps de ce qui se passe à l’école. Mais quand il se passe quelque chose de suffisamment grave et que l’école prend une sanction significative, on essaye de voir quel rôle on peut jouer auprès de l’enfant pour que cette sanction ait la meilleure portée.

On a l’impression que les sanctions à l’école sont de plus en plus remises en cause par les parents. Une explication ?

Les parents ont un rapport à l’école plus commercial qu’avant. Auparavant, on allait à l’école du village, point. Aujourd’hui, on choisit son école en fonction du projet et du service. Et quand ils ne sont pas contents, les parents le disent. Et puis, on se trouve dans une société qui a évolué en terme de valeurs individualistes. Pour les parents, ce qui compte, c’est que leur enfant soit le mieux. On défend son enfant pour son bien-être à lui sans forcément voir l’intérêt du groupe. ¦ M.U.