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Parcours d’intégration : un décret pour fin 2012

Parcours d’intégration : un décret pour fin 2012

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Surprise : le gouvernement wallon devrait proposer un décret sur le parcours d’intégration avant la fin de l’année. Sans doute sans le caractère obligatoire.

Éliane Tillieux, ministre wallonne de l’Intégration l’annonce : elle devrait proposer un décret instaurant un parcours d’intégration pour la fin de l’année.

Le public cible est déjà déterminé. Il concernera toute personne étrangère installée durablement chez nous sans disposer de titre de séjour depuis plus de trois ans.

Le parcours s’appuiera sur ce qui existe déjà en matière d’intégration au travers les différentes structures publiques et associatives. Il comportera trois axes.

1. L’accueil Le but est de mettre en place des guichets uniques locaux pour accompagner les primo-arrivants. On y tirera un bilan des connaissances (langue, diplôme, etc.) et un programme adapté devrait également orienter les personnes concernées vers des cours et des formations. C’est ce que Tillieux appelle le conseil de première ligne.

Les étrangers signeraient alors un contrat qui leur garantirait un suivi personnalisé. En contrepartie ils devront s’engager à suivre les cours nécessaires à leur intégration.

2. Les cours Ils porteront (comme c’est déjà le cas actuellement) sur la société wallonne, la citoyenneté, nos valeurs. Bref une formation générale sur la vie en Wallonie. Sans oublier bien sûr les cours de langue, condition sine qua non à une intégration correcte.

3. L’insertion socio-professionnelle Elle concernera essentiellement la formation professionnelle et le service d’aide à la recherche d’emploi.

Pas d’obligation ni de sanctions… pour l’instant

Jusqu’à présent, le projet de Tillieux ne comporte pas le caractère obligatoire du parcours d’intégration.

« D’abord parce qu’on voit que le public est très demandeur » dit-elle. « Les modules d’apprentissage sont ultra-complets. Quand des formations sont offertes, les gens suivent. »

Concernant les « récalcitrants », pas de sanctions envisagées non plus.

« L’exemple de la Flandre montre qu’avant de sanctionner, il faut au moins les moyens d’offrir des cours. Et si on regarde ce qui se passe au Pays-Bas, on constate aussi que la politique de sanction à l’égard des primo arrivants ne marche pas. En plus, cette manière de faire crée des frustrations chez les gens qui, au bout de leur parcours obligatoire, espèrent recevoir un diplôme ou croient qu’un emploi les attend en bout de course. Ce qui n’est pas le cas. »

Éliane Tillieux ne ferme toutefois pas la porte au caractère obligatoire du parcours d’intégration.

« Il faudra en discuter avec les acteurs de terrain » conclut-elle.