Amoureux de l’ambiance

Le futur du lieu, entre patrimoine classé et expression contemporaine…

ÉdA – 201046088286

Oui, le contemporain peut dialoguer avec l’ancien. La preuve dans ce bâtiment partiellement classé du XVIIe siècle.

La restauration de ce magnifique bâtiment qu’était l’ancien Mont de Piété de la Ville de Namur s’est initiée en 2006. Tanguy Auspert, échevin des bâtiments et du patrimoine : « Nous sortons cette année-là tous les dossiers de bâtiments classés des armoires de la Ville. Beaucoup de dossiers étaient en attente à la Région. »

En 2007, la Ville revient sur place. Elle était alors approchée par le secteur hôtelier qui voyait volontiers un grand établissement dans le bâtiment de la rue du Lombard. L’institut du Patrimoine wallon, qui a ses bureaux à deux pas, s’imaginait également dans les murs.

« Mais les gens sont amoureux de l’ambiance du bâtiment, de son atmosphère. » Décision communale est donc prise de garder le lieu pour elle. « En sachant que nous ne prenions pas le chantier le plus facile. »

La Région wallonne a réalisé l’inventaire patrimonial des pièces à conserver. Comme ce magnifique escalier de bois qui sera sans doute déplacé mais pas détruit.

Contre les dérives usuraires

Le bâtiment a toute une histoire. C’est au début du 17e siècle, sous le règne des archiducs Albert et Isabelle que le gouvernement des Pays-Bas, désireux de réguler sinon de moraliser les dérives usuraires des Lombards, confie une grande campagne de construction de mont-de-piété à Wenceslas Cobergher. Ingénieur, architecte, peintre, l’homme crée le bâtiment qui ouvrira ses portes en 1629. C’est ici que le prêt sur gage s’installe à Namur.

Le bâtiment traversera les âges. On retiendra notamment la belle porte en linteau en bâtière engagée dans la façade du numéro 18, qui doit probablement être la plus ancienne actuellement conservée à Namur et qui date du 15e siècle.

C.F.