saison 1995-1996

Serge Thill, frappe et tête de mule

Serge Thill, frappe et tête de mule

Serge Thill a offert son Soulier d’or à François Ricco qu’il revoit encore régulièrement.

ÉdA

Serge Thill disposait d’une frappe énorme. Mais aussi d’un caractère bien trempé, qui lui a valu quelques désagréments.

Cette remise du Soulier d’or, vous vous en souvenez ?

Ouh la, c’est loin, je ne sais plus trop. Arnaud André était deuxième, non ? (NDLR : c’était Sébastien Bach en fait).

Et votre saison à Athus ?

Ça oui. J’ai joué quatre ans. Celle-là était ma troisième. On avait fêté le titre en P1.

Et vous étiez le meilleur buteur.

Oui. Avec Pascal Bétis, ça marchait bien. Je dois avoir inscrit 39 buts cette saison-là. Et une vingtaine en Promotion l’année suivante.

Dont un depuis la ligne médiane.

C’est bien possible. J’en ai en tout cas inscrit un comme ça, sur le coup d’envoi, avec Grevenmacher. Je pense qu’on peut encore le voir sur Youtube.

Votre énorme frappe de balle, sur coup franc notamment, c’était votre marque de fabrique ?

Oui, les coups francs, les corners. Sur toutes les phases où il n’y avait pas besoin de courir, je m’en sortais bien.

Avant de rejoindre Athus, vous avez failli arrêter le football. Pourquoi ?

En fait, j’ai arrêté. Pendant huit mois environ. J’étais à l’Union Luxembourg, mais je voulais partir, je ne m’y sentais pas bien. Je me suis disputé avec les dirigeants. J’habitais Pétange (NDLR : tout près d’Athus) et François Ricco est venu plusieurs fois me relancer. J’ai dit ok s’il parvenait à arranger le coup avec l’Union. J’ai toujours des contacts avec François. On se voit une fois par mois, on boit un café ensemble. Athus, c’est le club qui m’a relancé.

International grand-ducal

Vous étiez international avant de rejoindre les Métallos ?

Oui, mais j’ai été viré de la sélection. Une engueulade avec le sélectionneur Paul Philipp. J’ai fini par lui tirer dessus avec le ballon.

Il est quand même venu vous relancer à Athus.

Il est venu me voir un jour, m’a demandé de revenir. Je ne voulais pas. C’est François Ricco qui m’a poussé à accepter.

Et ?

J’y suis resté deux ans. Dix-sept sélections, si mes souvenirs sont bons (NDLR : 14 en fait). Puis j’ai de nouveau été viré.

Vous étiez un peu « tête brûlée » à l’époque ?

J’avais mes idées. Je ne me sentais pas à l’aise en sélection. J’ai toujours préféré évolué au sein d’une bande de copains, d’un groupe soudé. Je n’ai pas de regrets par rapport à ça. Le seul que j’ai, c’est d’avoir été joué à l’Union Luxembourg.

On vous a vu aussi jouer en salle en Belgique ?

Oui, à Musson (NDLR : où l’on raconte qu’une de ses frappes surpuissantes aurait démoli la barre transversale) et à Virton, mais je ne me souviens plus du nom du club. En fait, je ne l’ai jamais su (NDLR : Intersport Virton). J’y allais avec Marcio Rodriguez qui était mon équipier à Grevenmacher.

Vous êtes toujours dans le football désormais ?

Non, je vais juste voir jouer mes enfants. Le plus âgé, Sébastien, a 18 ans et joue en première à Pétange. Il va bientôt rejoindre Niedercorn. Olivier, 15 ans, est au Fola, et Vincent, 12, va rejoindre le FC Metz. Ce sont tous des milieux de terrain. Aucun attaquant. J’ai bien été obligé d’en faire un quatrième. Il a deux ans et demi, j’espère qu’il jouera devant…¦