Les chèques circulaires de 13 000 familles précaires

« Faute d’une reprise en main rapide et radicale, on peut craindre que cette situation brise durablement la confiance avec ses clients », dénonce le député écolo Georges Gilkinet. « À terme, ces problèmes pourraient également remettre en cause une de ses fonctions sociales de base : le paiement des allocations sociales aux plus fragiles. »

Car de toute cette histoire de bug, le non-paiement ou le gros retard des allocations familiales via des chèques circulaires est la partie la plus choquante. Selon les caisses d’allocations, nombre d’entre eux n’ont pu obtenir les montants d’allocations dus pour le mois d’avril et se trouvent aujourd’hui dans une situation difficile.

On estime à plus de 13 000 en Wallonie, les familles qui les perçoivent ces allocations par chèque circulaire et non via un versement sur compte bancaire. Ce sont généralement des familles endettées ou plongées dans des situations complexes (des séparations conflictuelles, par exemple) qui en bénéficient. Ces chèques permettent bien souvent de « sauver » l’argent des allocations familiales. « Pour ces familles qui figurent parmi les plus précarisées, ces allocations sont essentielles et parfois simplement nécessaires pour boucler les fins de mois », note Georges Gilkinet.

De surcroît, la Banque de La Poste n’est pas n’importe laquelle. Elle est le résultat d’une « joint-venture » dont le capital se partage à 50 % entre La Poste et Fortis. « On peut donc considérer qu’il s’agit d’une banque à capitaux largement publics, dont on est en droit d’attendre un service de qualité et une attention particulière au public le plus fragile », explique le député écolo Georges Gilkinet.

Il a décidé d’interpeller le ministre Paul Magnette en charge des entreprises publiques. Il souligne au passage que la Banque de La Poste a été contactée à plusieurs reprises par les clients concernés mais n’a donné que des vagues réponses, voire aucune réponse. Au-delà de la résolution des problèmes, le député écolo se demande s’il n’y a pas lieu de prévoir une compensation à l’égard des clients lésés.¦     

C.Ern.