Violences à Montréal

Plusieurs milliers d’étudiants ont marché calmement avant que des casseurs lancent des projectiles sur la police.

AFP

Montréal a vécu une nuit de violence en marge d’une manifestation étudiante qui a dégénéré.

Des violences ont eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi à Montréal en marge d’une manifestation qui a regroupé une dizaine de milliers d’étudiants québécois hostiles à une hausse prévue des droits de scolarité dans la province francophone. La police a annoncé avoir procédé à 85 interpellations.

À la suite de la suspension des pourparlers entre gouvernement québécois et étudiants, une dizaine de milliers de personnes ont marché calmement dans les rues de Montréal, avant que des casseurs lancent des projectiles sur la police. La manifestation a alors été déclarée illégale par la police et quelques groupes de jeunes se sont dispersés dans le centre-ville, brisant des vitrines et endommageant des portes de bâtiments officiels et des véhicules, dont des voitures de police, à coups de pierres.

Les forces de l’ordre ont eu recours à des gaz lacrymogènes.

Après la décision mercredi de la ministre de l’Éducation Line Beauchamp d’exclure des pourparlers une organisation étudiante, la CLASSE, accusée de ne pas respecter la « trêve » demandée par la ministre, les autres associations s’en sont retirées par solidarité.

Intervenant au parlement provincial jeudi, la dirigeante de l’opposition parlementaire Pauline Marois (Parti Québécois), un carré rouge symbolisant le mouvement étudiant épinglé sur sa veste, a demandé un moratoire sur la hausse des droits de scolarité pour permettre aux négociations de reprendre. Les syndicats d’enseignants universitaires ont proposé eux aussi un moratoire d’un an sur cette hausse de 1 625 dollars étalée sur cinq ans, mais le gouvernement refuse, tout en affirmant vouloir discuter de « l’accessibilité » des études supérieures.

Le conflit, qui risque de compromettre la validation du semestre en cours, touche de nombreux étrangers, dont quelque dix mille Français, inscrits dans les établissements de la province francophone.¦