Groupe carolo oublié, SIC revit grâce aux États-Unis

Fin des années 70, le groupe carolo SIC a marqué les esprits avec sa musique cold-wave minimaliste. Un DJ et producteur américain ressort leurs titres sur vinyles !

L’histoire est à peine croyable. SIC, groupe underground belge de la fin des années 70 originaire de Charleroi, vient de voir les quelques rares titres de son histoire repris par le label américain Dark Entries. On les retrouve sur un nouveau vinyle pressé à 500 exemplaires. Dark Entries est un label basé à San Francisco créé en 2009 par Josh Sheon, DJ et collectionneur de vinyle. Il s’est spécialisé dans les musiques post-punk/minimal wave des années 80 et a semble-t-il craqué pour le groupe carolo, fondé au début des années 70 par Francis Pourcel. Groupe à géométrie variable, SIC a d’abord été composé de Francis, Micheline Dufert (devenue son épouse) et Mario Berchicci. Mais quelques autres musiciens sont passés par SIC. Dont un certain… William Dunker, qui sera bassiste du groupe en 1981, lors de la sortie du troisième 45 tours, Free Radio Stations. Mais on retrouve aussi les frères Claude et Christian Martin (futures Double Slashes de Sttellla), Henry Krutzen, Danièle Daoust, Alain Neffe… Micheline Dufert, chanteuse de SIC, revient sur cette histoire.

Micheline Dufert, quelle a été votre réaction lorsque vous avez été contactée par Josh Cheon (Dark Entries) pour ressortir les quelques titres de SIC sur vinyle ?

Au départ, je n’y croyais pas, parce qu’il y avait déjà eu un projet de ce type en Flandre et cela n’avait jamais abouti.

Comment est-il entré en contact avec vous ?

Via Facebook et Youtube, où Francis, mon mari, avait posté quelques vidéos de l’époque. Il nous a dit qu’il était un grand fan de notre groupe et qu’il avait passé notre musique quand il était DJ à New York dans les années 90.

Comment vous connaissait-il ?

Je pense que c’est via Rough Trade, label indépendant britannique qui a distribué notre deuxième 45 tours – Cover Girls Smile/Between – en Angleterre. Il a été aussi diffusé sur la BBC par John Peel (NDLR : animateur célèbre de la BBC qui a contribué à l’essor de la scène indépendante anglaise).

Il a donc décidé de sortir un vinyle intitulé « Thought Noise » et pressé à 500 exemplaires. On y retrouve quoi ?

Nos trois 45 tours – Voltage Control (1979), Cover Girls Smile (1980) et Free Radio Stations (1981) et leurs faces B, ainsi que six morceaux de démo enregistrés à l’époque.

Revenons un peu sur les origines de SIC. Quand est-ce que le groupe a vu le jour ?

Il a été fondé en 1970 par Francis Pourcel, mais a connu plusieurs compositions et plusieurs styles musicaux. Mais Francis a toujours gardé le nom, par facilité. Moi, je suis arrivée en 1977, j’avais 18 ans. À cette époque, Francis avait un groupe de musique « cosmique-industrielle » inspirée par Klaus Schulze dans lequel il jouait de la basse et de la guitare. Et puis il cherchait une chanteuse pour faire un groupe punk. J’ai fait un essai, cela a plu et voilà…

Puis les ordinateurs et les synthés sont arrivés…

Voilà, tout ça est devenu plus accessible. Cela a donné de nouvelles musiques que l’on avait envie d’explorer. C’était les débuts de la new-wave, de groupes comme Joy Division, Orchestral Manœuvre in the Dark…

Petit à petit, le groupe a grandi…

Oui. Cover Girls Smile, le deuxième 45 tours, on l’a fait à deux en studio, mais on trouvait cela un peu juste pour la scène. Il fallait gérer trop de choses. Donc William Dunker (Wilhelm Dünker à l’époque) a rejoint le groupe comme bassiste.

Où se déroulaient vos répétitions ?

À Monceau-sur-Sambre, dans un local situé par loin du Rockerill (NDLR : ancienne usine devenue lieu culturel). On sortait au Coup de fusil, maison des jeunes de Charleroi. C’était le lieu de rassemblement de la jeunesse.

Le groupe s’est encore étendu…

Oui, comme on n’aimait pas se répéter et que l’on cherchait toujours de nouvelles pistes à explorer, on a engagé Danièle Daoust au synthé ou encore Henry Krutzen au saxophone. Ce dernier faisait partie de Bar (NDLR : cela ne s’invente pas), le premier groupe de William Dunker. Les groupes se côtoyaient pas mal à l’époque et l’on jouait souvent ensemble.

Du côté médiatique, vous avez eu des retours ?

Oui, nous avons eu des critiques, bonnes et moins bonnes. Notamment dans le Moustique, dans lequel écrivait Piero Kenroll. Il y avait aussi de nombreux fanzines dans lesquels on a donné des interviews…

L’aventure s’est arrêtée en 1983. Pourquoi ?

Parce que nous sommes devenus parents. C’était difficile de partir sur les routes.

Pour fêter cette « ressortie » en vinyle, vous avez prévu une soirée au Rockerill. Vous allez remonter sur scène ?

Non, ce n’est pas possible, cela demanderait trop de travail. On va diffuser des vidéos du groupe. Cela nous permettra de retrouver tout le monde.¦

SIC, Re-issue Party le 17 mai prochain au Rockerill, 136 rue de la Providence, 6030 Marchienne-au-Pont (www.rockerill.com). Entrée libre.