COMMERCE

Commerce en Belgique : inquiétudes pour 2012

Commerce en Belgique : inquiétudes pour 2012

Reporters / Photononstop

Comeos, la fédération du commerce et des services, vient de dresser le bilan 2011. Il est morose. Les prédictions 2012 ? Pas mieux, Comeos estime que l’année n’a pas débuté sous de bons auspices. La fédération prévoit « un arrêt de la croissance et un tarissement des créations d’emplois ». Néanmoins, la situation serait « grave, mais pas désespérée ». Comeos demande aux pouvoirs publics de prendre des mesures efficaces.

En regardant dans le rétroviseur, Comeos constate que si l’année 2011 avait relativement bien démarré, la situation s’est très vite dégradée dès la fin de l’été. « Sur l’ensemble de l’année, le commerce a enregistré une croissance de deux pour cent, » déclare Dominique Michel, Administrateur délégué de Comeos.

Celui-ci poursuit : « Cependant, cette croissance a été réalisée essentiellement durant le premier semestre – dès le mois de septembre, nous avons constaté que le consommateur était devenu extrêmement prudent. Crise économique, crise bancaire, incertitude entourant les mesures publiques… Ajoutez à cela la hausse des coûts pour le commerçant, et vous comprendrez la gravité de la situation ».

Des marges en baisse

Les chiffres selon Comeos peuvent aussi parfois être trompeurs. Bien sûr dans certains secteurs, on remarque que le chiffre d’affaires est à la hausse… Le problème ce sont les marges. Elles se réduisent. « La progression des prix de l’énergie, des matières premières (coût des denrées alimentaires en hausse de 19 pour cent) et des coûts salariaux n’a pu être répercutée intégralement sur le consommateur » affirme Dominique Michel. « Cette pression croissante sur les marges s’est malheureusement traduite par une explosion du nombre de faillites : l’an passé, 1408 magasins ont fait la culbute, soit 117 de plus que l’année précédente ».

Selon Comeos, en 2011, l’emploi dans le commerce a progressé de 1 pour cent, ce qui représente 2739 postes supplémentaires, tandis que 382 magasins de moins ont été recensés – on compte désormais 88.796 points de vente. En Belgique, la surface moyenne d’un magasin est passée de 202 à 206 mètres carrés. L’on peut raisonnablement en déduire que ce sont essentiellement des petits magasins qui ont dû mettre la clé sous la porte l’an passé. Et il semble que le secteur des loisirs (vidéothèques) ait été le plus touché par ces faillites.

2012, la consommation va se tasser

« Le commerce est généralement un moteur de croissance pour l’économie, » souligne Dominique Michel. « Mais à l’heure actuelle, la confiance – des consommateurs comme des commerçants – fait cruellement défaut. La consommation privée devrait continuer à se tasser cette année »

« Vu les conditions actuelles, nous nous attendons à un arrêt de la croissance ainsi qu’à un tarissement des créations d’emplois en 2012 », conclut D. Michel. « La situation est grave, mais pas désespérée : les pouvoirs publics autorités ont le pouvoir de changer les choses, notamment en prenant des mesures efficaces pour rétablir la confiance dans le cadre du plan de compétitivité ».