Drame de Sierre: le premier deuil national depuis 2004

Drame de Sierre: le premier deuil national depuis 2004

Associated Press / Reporters

Le gouvernement a donc annoncé mercredi qu’une journée de deuil national sera organiséeen mémoire des victimes du tragique accident de car belge à Sierre en Suisse.

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Les modalités exactes du prochain deuil national ne sont pas encore connues.?Parallèlement, on sait déjà que les écoles francophones et néerlandophones du pays sont invitées à observer une minute de silence ce vendredi à 11 h.  ?À Lommel, le club de football local, «?Lommel United?» (aujourd’hui en D2), a déjà rendu hommage aux victimes. Hier, après l’entraînement, plusieurs joueurs de l’équipe première se sont rendus à l’école «?Het Sterkste?» afin d’y déposer un maillot aux couleurs du club. La Chambre et le Sénat rendront quant à eux officiellement hommage aux victimes de l’accident d’autocar de Sierre lors de la séance plénière de ce jeudi et ouvriront au parlement un registre commun de condoléances.

La Belgique a déjà connu plusieurs deuils nationaux mais toutes les grandes catastrophes ne sont pas forcément ponctuées d’une journée de deuil national, indique Vincent Dujardin, professeur d’histoire contemporaine à l’UCL.

« Le deuil national est un acte symbolique décrété par le Conseil des ministres ou le Conseil des ministres restreint pour marquer le soutien du pays aux familles endeuillées lors d’un événement dramatique important », explique Vincent Dujardin. Dans ce cas-ci, Elio Di Rupo évoque « un des jours les plus sombres de notre histoire ».

Normalement un deuil national est décrété pour une durée allant d’un à trois jours pour des catastrophes comme celle de mardi soir ou lors du décès d’un personnage important autre qu’un membre de la famille royale tels que le décès des généraux de la première guerre mondiale, du Cardinal Mercier ou encore d’Adolphe Max. « Un deuil national, souvent de plus longue durée, est décrété lors de la mort du souverain ou de la reine », rappelle Vincent Dujardin.

Le dernier deuil national de longue durée qu’a connu le pays reste celui provoqué par le décès du roi Baudouin 1er. Le deuil national a commencé le 1er août 1993 et s’est terminé le 9 août 1993, date de la prestation de serment du roi Albert II.

Lors d’un deuil national, les drapeaux sont en berne sur tous les bâtiments des ministères fédéraux, régionaux ou communautaires voire également sur les infrastructures communales et provinciales (voir encadré en bas de page). Les festivités prévues doivent être supprimées ou reportées. Si un membre de la famille royale ou du gouvernement ne peut échapper à une séance protocolaire, il devra s’y rendre vêtu de noir.

La Belgique a connu quelques journées de deuil importantes.

Le 4 août 2004, le gouvernement de Guy Verhofstadt décrétait une journée de deuil national suite à la catastrophe de Ghislenghien. Le 30 juillet 2004, une explosion de gaz dans le zoning industriel de Ghislenghien coûtait la vie à 24 personnes.

Le 14 avril 1995, jour où les dépouilles des dix casques bleus belges assassinés au Rwanda ont été rapatriées en Belgique, était également déclaré jour de deuil national.

Le 22 mai 1967, un jour de deuil national était annoncé à la suite de l’incendie de l’Innovation qui coûta la vie à 325 personnes.

Le 13 août 1956, un jour de deuil national était déclaré à la suite de la catastrophe du Bois du Cazier. Cette catastrophe minière, la plus grande qu’ait connu la Belgique, a fait 262 victimes.

D’autres catastrophes, graves et générant également une grande émotion n’ont pourtant pas été ponctuées d’un deuil national, indique Vincent Dujardin. « Il y a plusieurs manières de montrer son soutien à la population pour le chef de l’Etat ou les membres du gouvernement. »

Aucune journée de deuil n’avait été décrétée à l’occasion des récents drames à Liège ou encore à Buizinghen. Néanmoins, dans de telles situations, les autorités peuvent manifester leur soutien en se déplaçant sur les lieux, en organisant une cérémonie d’hommage ou des funérailles nationales.

En berne ?
La mise en berne des drapeaux fait partie du protocole de deuil national.
Qu’est-ce que ça signifie ? Les drapeaux généralement visibles sur les bâtiments des institutions nationales, régionales, communales, etc., sont d’abord hissés jusqu’en haut du mât avant d’être immédiatement rabaissés à mi-hauteur. Ou simplement baissés de la hauteur du drapeau, comme pour laisser flotter un autre drapeau invisible au sommet de la hampe. Certains drapeaux peuvent aussi être retenus par un crêpe noir, pour souligner le deuil.