Un mariage ressuscité à Liège

Leonardo Garcia-Alarcon dirige le Chœur de Namur et est à la base de la redécouverte de l’œuvre de Zamponi.

Jacques Verrees

En 1650, c’est à Bruxelles qu’est joué pour la première fois chez nous un opéra italien. L’œuvre ressuscitée est enregistrée à Liège.

24 février 1650. Bruxelles retentit des festivités du mariage de Philippe IV d’Espagne avec Maria-Anna d’Autriche. C’est dans le cadre de ces festivités qu’est jouée, pour la première fois dans les Pays-Bas du Sud, une œuvre musicale d’un genre nouveau, apparu 50 ans plus tôt en Italie : un opéra.

L’œuvre, Ulysse dans l’île de Circéest de Zamponi. Quelques années plus tard, en 1655, elle est rejouée cinq fois à Bruxelles, pour la reine Christine de Suède qui l’aimait beaucoup. Puis, plus rien. Du moins jusqu’en 2006 où le chef argentin Leonardo Garcia-Alarcon la ressort de l’oubli avec l’appui de Stéphanie de Failly, violoniste et directrice artistique de l’ensemble Clematis. C’était dans le cadre du Printemps baroque du Sablon.

La partition qui avait été partiellement perdue explique le long oubli d’une œuvre dont la recréation bruxelloise allait enthousiasmer les amateurs. C’est Stéphanie de Failly qui avait retrouvé, miraculeusement, cet opéra disparu dans une bibliothèque… d’iconographies. Léonardo Garcia-Alarcon avait alors assuré une large part de la reconstitution de la partition et de l’instrumentation.

Il était quasi logique que ce bel effort ne s’arrête pas là. Et durant toute cette semaine, le chef Garcia-Alarcon et l’ensemble Clematis enregistrent, à la Salle philharmonique de Liège, l’œuvre de Zamponi.

Tout ce qu’on sait de ce compositeur est qu’il est vraisemblablement d’origine romaine et qu’il est né entre 1610 et 1620. Et c’est dans les Pays-Bas du Sud qu’il fait sa carrière. Il entre en 1648 au service de l’archiduc Leopold-Guillaume, gouverneur des Pays-Bas pour qui il composera essentiellement de la musique religieuse. Son opéra Ulisse all’isola di Circes’inscrit dans la lignée des opéras vénitiens de Cavalli et de Cesti mais avec une participation instrumentale plus importante qu’habituelle pour une œuvre de ce style.

Pour l’enregistrement liégeois, la formation Clematis aligne 30 musiciens avec des instruments particulièrement chatoyants.

Le Chœur de chambre de Namur (dont Leonardo Garcia-Alarcon assure la direction musicale) est également de l’aventure, accompagnant une petite dizaine de solistes dont Céline Scheen (Circe) et Furio Zanasi (Ulisse).

Cette semaine d’enregistrement se clôturera ce dimanche 26 février à 16 h à la Salle philharmonique par un concert public, en attendant la sortie du CD. C’est Ricercar (édité chez Outhere) qui a permis la réalisation de ce projet auquel sont également associés la Cappella Mediterranea, l’Orchestre philharmonique de Liège, l’Opéra royal de Wallonie et Musiq’3.¦

M.F. G.

Dimanche 26 février à 16 h, Salle philharmonique de Liège, gratuit pour les moins de 16 ans, 04 220 00 00