affaire contador

Que reprochait-on à El Pistolero?

Que reprochait-on à El Pistolero?

AFP

Alberto Contador, coupable ou victime ? C’est tout le dilemme d’une affaire dont on n’a pas fini de parler.

Les quelques picogrammes de clenbutérol retrouvés dans ses urines à Pau, et les jours suivants, lors de ce Tour de France 2010, ont donc coûté très cher à Contador. Il n’a plus six grands tours en poche, mais seulement quatre. Surtout, il entre dans le cercle, trop large à nos yeux, des paria, mis à l’écart pour dopage. Et de cela, demandez donc son avis à Vinokourov après sa victoire dans Liège-Bastogne-Liège en 2010, il est toujours difficile de se débarrasser de cette pancarte. Soit. Mais, au fond, que reprochait-on à Contador ? D’avoir été positif au clenbutérol, cela c’est évident. Et ce qui n’est pas rien, puisqu’il s’agit tout de même d’une hormone de croissance. Elle est en principe utilisée exclusivement en médecine vétérinaire sous le nom de Ventipulmin, notamment pour l’asthme du cheval. L’interdiction totale de l’usage du Clenbutérol a été confirmée en 2004 par le Code mondial antidopage.

Mais, lorsque l’affaire avait éclaté, le journalL’Équipe avait avancé que les scientifiques du laboratoire de Cologne avaient retrouvé des résidus plastiques semblables à ceux que l’on retrouve après une transfusion sanguine. Ils proviennent de la poche plastique qui recueille le sang prélevé. Ce constat, qui découle de l’application d’une méthode de détection des autotransfusions, mise au point par le laboratoire antidopage de Barcelone, pouvait ainsi accréditer l’hypothèse selon laquelle Alberto Contador aurait bénéficié d’une méthode illicite. Le coureur espagnol aurait prélevé son sang à un moment où il prenait du clenbutérol pour se le réinfuser le 21 juillet. Seul problème : la présence de ces résidus, appelés di (ethylhexyl) phtalates, ne constituait pas pour autant une preuve irréfutable puisque la méthode de détection n’a toujours pas été validée par l’AMA.

Faut-il laisser pour autant le bénéfice du doute au coureur espagnol ? Sa défense n’a, au cours de ces nombreux mois de procédure, jamais varié : il avait ingurgité un steak d’Irun, contaminé au clenbutérol.

Le TAS n’a finalement pas admis cette explication. Il ne s’est pas pour autant lancé sur la piste hasardeuse de l’autotransfusion. Mais on est tout de même mal à l’aise face à cet attendu du TAS, qui évoque que Contador a été «probablement piégé par des suppléments nutritifs contaminés ».

A contrario, le TAS ne pourra pas prêter le flanc à la critique puisque, toute infinitésimale que soit la dose de produit dopant, la lutte antidopage a pour principe que chaque athlète est tenu responsable de ce qui est retrouvé dans son corps. À la charge de l’athlète de prouver qu’il n’a pas commis de faute ou de négligence pour échapper à une sanction. Dans les 98 pages de leur décision, les trois arbitres ne parviennent pas à lever le mystère sur la façon dont les traces de cette substance interdite se sont retrouvées dans les urines du coureur. Mais ils rappellent ce grand principe : puisque la validité du contrôle positif n’était pas remise en cause, il y avait donc bien infraction aux règles antidopage.¦