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Anonymous: pirates informatiques et défenseurs autoproclamés des libertés

Anonymous: pirates informatiques et défenseurs autoproclamés des libertés

Reporters / DPA

Le groupe de pirates informatiques Anonymous, qui a bloqué plusieurs sites américains, dont celui du FBI et du ministère de la Justice, en représailles à la fermeture du site d’hébergement de fichiers Megaupload.com, se présente comme un défenseur des libertés sur internet.

Le blocage de ces sites est la dernière cyber-attaque en date d’Anonymous, un groupe de pirates disséminés dans le monde entier et représentés par un masque blanc et noir au sourire sarcastique, qui s’en est déjà pris à l’église de Scientologie ou au ministère de la Défense syrien.

Dépourvu de commandement central et de hiérarchie, Anonymous choisit ses cibles dans des salons de discussion sur internet, expliquent des experts en sécurité informatique.

Les représailles d’Anonymous après la fermeture de Megaupload ne sont pas une surprise: le groupe avait lancé ces dernières années l’« Opération Riposte » contre le secteur du cinéma et du disque aux Etats-Unis, accusés d’être excessifs dans leur protection des droits d’auteur.

Amazon, Visa, MasterCard ...

Anonymous a affirmé que l’attaque lancée jeudi était leur « plus vaste » menée à ce jour, avec la participation de quelque 5.600 personnes.

Les cibles visées par Anonymous ont été frappées par une « attaque par déni de service », consistant à perturber le fonctionnement d’un site en le saturant de connexions.

Des attaques similaires avaient été lancées fin 2010 contre Amazon, Visa, MasterCard et PayPal en réaction à la décision de ces entreprises de cesser de travailler avec WikiLeaks.

Si les attaques par déni de service n’ont généralement pas de conséquences graves pour les sites touchés, si ce n’est pour leur réputation, Anonymous est également capable de lancer des opérations pouvant par exemple conduire à la publication d’informations financières confidentielles.

L’hacktivisme

Anonymous a ainsi récemment revendiqué le piratage du cabinet privé américain de renseignement Stratfor, et publié sur Twitter un lien vers ce qui serait la liste de ses clients, notamment le ministère américain de la Défense et des géants des hautes technologies, tels qu’Apple et Microsoft.

À force d’actions contre les symboles du pouvoir, les pirates d’Anonymous sont devenus l’incarnation de « l’hacktivisme », concept qui mélange le militantisme (« activism » en anglais) et le piratage (« hacking »).

Des membres d’Anonymous avaient indiqué lors d’une discussion en ligne avec l’AFP que leurs opérations visaient à « défendre la liberté de parole et l’absence de censure ».

Plusieurs membres du collectif de pirates ont été arrêtés aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne mais les forces de l’ordre ont souligné qu’il était difficile de débusquer ces cracks de l’informatique.