En souvenir de Stéphane Mandelbaum

Dans Épreuve d’artiste, le Belge Yves Wellens évoque la figure du peintre et cambrioleur bruxellois assassiné à 25 ans. Ce formidable document – articles de presse à l’appui – sur la disparition de ce jeune artiste aux fréquentations troubles est aussi roman qui porte la patte de son auteur, tant par son écriture, sa construction et même, pour une part, son imaginaire.

Le lundi 1er décembre 1986, Stéphane Mandelbaum ne donne plus signe de vie. Son père, lui-même peintre, tente de remonter sa piste, rencontrant successivement ses connaissances. Notamment les membres de la bande de voleurs d’œuvres d’art (tel un Modigliani) dont il faisait partie qui révèlent que sa tête était « mise à prix ». Pendant tout le mois, les enquêteurs tâtonnent jusqu’à ce que trois enfants retrouvent début janvier son corps dissimulé sur un terrain près de Hannut.

Cette histoire patiemment reconstituée est entrecoupée de chapitres mettant en scène Stéphane Mandelbaum ou rappelant d’autres histoires liées à l’art : l’assassinat de Pasolini, la destruction en 1930 de toiles surréalistes par des « patriotes antijuifs », les parcours de Francis Bacon, de Pierre Goldman ou de Rimbaud, etc. Un ensemble a priori disparate qui confère au contraire à l’ensemble une intelligente et fascinante unité.¦

M.P.

Yves Wellens, « Épreuve d’artiste », Grand Miroir, 230 pages, 18 €.