S’il a décidé de donner sa version des faits, près de cinq ans après le début de cette affaire, c’est parce que François-Xavier Pinte en avait « ras-le-bol » du «je-m’en-foutisme littéraire », de toutes «ces choses qui ont été écrites sur l’Arche de Zoé mais rien de concret, de cohérent sur ce qu’il s’est vraiment passé ».

Mais le jeune pilote souhaitait aussi profiter de l’occasion pour dénoncer l’autre facette de l’aide humanitaire, loin d’être, d’après lui, aussi rose que l’on pourrait le penser ici, en Europe.

« Pour moi, confesse-t-il dans l’ouvrage, les humanitaires sont les « chevaliers blancs » de l’Occident, les sauveteurs allant, au péril de leurs vies, apporter les bienfaits de la civilisation aux peuples arriérés et opprimés. […] Ma désillusion sera à la hauteur de mes expectatives : abyssale. »

«Enfin je peux dialoguer avec eux (les humanitaires, NDLR),pour mieux se rendre compte que ces gens n’ont strictement rien à foutre de l’Afrique. Pas l’ombre d’une motivation. »

Certes pas tous les humanitaires, précise le jeune homme, mais beaucoup.

C’est pour cette raison qu’il dit avoir été séduit par le projet de l’Arche de Zoé. Dont les membres l’ont assuré qu’ils étaient là (au Tchad), pour « faire quelque chose de fort, de solide, de durable ».

«J’ai enfin trouvé quelqu’un qui parle le même langage que moi», confie François-Xavier Pinte. Qui explique que «l’Arche de Zoé a sans doute existé parce qu’il faut se rendre compte qu’en Afrique, beaucoup d’ONG ne font pas réellement leur travail ».¦

F.-X. G.