Chanson

Da Silva prend de la distance

Da Silva prend de la distance

Da Silva a quitté le label Naïve pour rejoindre Pias. Et prendre un peu de distance avec ses trois premiers albums.

Reporters/Dalle

Pour son quatrième opus, « La distance », Da Silva se renouvelle, étoffe l’orchestration de ses morceaux. Il sort en France lundi. Le 31/01 chez nous.

Artiste atypique, Emmanuel Da Silva n’aime pas tourner en rond. C’est sans doute pour ça que le Rennais d’adoption s’est séparé de son label Tôt ou Tard, chez qui il a publié ses trois premiers albums – Décembre en été (2005), De beaux jours à venir (2007), La tendresse des fous(2009) – pour rejoindre Pias, un autre label indépendant. « J’avais beaucoup de confort, une équipe extraordinaire chez Tôt ou tard, mais nous étions trop proches et avions perdu tout professionnalisme », raconte-t-il à nos confrères de Libération.

Le changement est flagrant. Finies les ritournelles minimalistes le plus souvent guitare-voix, Da Silva a voulu s’ouvrir à d’autres univers, d’autres musiciens et d’autres instruments, le synthé notamment.

Les concessions, morceau qui ouvre l’album, ne laisse pas de place au doute : intro au piano, boîte à rythmes rejointe par une batterie, on est loin du train-train des albums précédents. Le premier single, Les stations balnéaires, à l’intro plus musclée qu’à l’habitude, confirme notre première impression.

Il nous fait parfois penser – quand il parle plus qu’il ne chante – à Daniel Darc, avec qui il partage les tatouages, mais pas la tendance autodestructrice. Il a également en commun cette noirceur, qu’il revendique d’ailleurs. « Ce qui me rend triste, ce sont les couvertures de magazines remplies de mecs qui se marrent, tout le monde sourit pour vendre de la lessive comme si tout devait toujours aller parfaitement bien, parce qu’il faut aller de l’avant, être dynamique. Je ne comprends pas tout ça, je ne sens pas le monde ainsi. »

Cette vision du monde, il l’a communiquée à Claire Denamur, sur son dernier album Vagabondeet avec qui il chantait en duo sur Rien à me foutre en l’air.« Je suis passée du côté obscur de la force », nous disait récemment avec humour la charmante chanteuse. Ce fut tout le contraire pour Hélène Ségara, avec laquelle il a collaboré sur l’album Parmi la fouleet pour qui il a signé le single primesautier La vie avec toi. Une collaboration étonnante aux yeux de certains, mais pas tant que ça quand on sait que le bonhomme n’a jamais mis de barrières, passant du punk de ses débuts à la chanson française à textes en faisant des détours par l’electro (sous le nom de Mitsu) ou par la chanson pour enfants.

Il faudra encore attendre la fin du mois pour pouvoir acheter l’album physique en Belgique. Mais on peut déjà vous dire qu’il s’agit d’une vraie réussite, avec des mélodies accrocheuses et des mots qui parlent des tracas de nos vies.¦

Da Silva, « La distance », Pias. Sortie lundi en France, le 30 janvier en Belgique.

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