BELGODYSSEE 2011

Le 7e au sommet de son art

Le 7e au sommet de son art

Stijn Coninx, un regard pétillant et une âme d’enfant. Eve Peeters

Chaque semaine, un étudiant en journalisme nous fait découvrir un « Bekende Vlaming », une personnalité flamande célèbre au nord, mais pas forcément connue chez nous.

Le réalisateur belge Bouli Lanners voyait le cinéma belge comme un anachronisme : « C’est comme parler d’un fromage américain !», disait-il. Pourtant, nous avons rencontré une incarnation du cinéma « bien de chez nous ». Là, on allie ici à merveille cinéma flamand et wallon.

Cet homme, c’est Stijn Coninx, rencontré en plein cœur de Bruxelles, à l’Insas, l’école de cinéma où notre B.V. donne cours. Car, en plus d’être un réalisateur, Stijn enseigne depuis des années à l’Insas en français et au RITS-Instituut en néerlandais. Et ce n’est pas tout : il a été nommé baron par le Roi, il est devenu administrateur de la société belge des auteurs, compositeurs et éditeurs (SABAM) et est père de famille heureux. Malgré cela, ce réalisateur belge de 54 ans garde la tête sur les épaules. « C’est un homme extrêmement modeste et humble, nous glisse Isabelle Willems, la collègue de Stijn. L’année prochaine, je compte dire aux élèves quel grand réalisateur il est !»

C’était écrit

Fils d’un photographe, il a été bercé par les images du cinéma muet de Keaton et Chaplin, il s’oriente rapidement vers des études de cinéma : «Je voulais raconter des histoires, c’était une évidence. » Avec brio, il finit ses études de réalisation avant de devenir le premier assistant auprès de cinéastes de renom. « Cette expérience m’a permis d’oser et d’enfin parler français sur le tournage. »

Grâce à ses expériences, il n’a pas eu peur de passer la frontière linguistique. Il alliera parfaitement cinéma néerlandophone, avec le succès national et mondial de Daens (1992), et cinéma francophone, avec Sœur sourire (2009) incarnée par Cécile de France. «J’ai très vite compris la richesse de notre pays, cela serait trop dommage de se priver d’une partie du royaume », confie-t-il.

Ce métier le comble, il n’a d’ailleurs pas l’intention de changer de profession. «Si je suis encore en vie d’ici là, je compte bien continuer encore vingt à trente ans !» Un métier pourtant dur, «ce n’est pas pour rien que nous ne sommes pas si nombreux ! » Une figure qui demeure incontournable dans notre paysage audiovisuel belge, à découvrir ou à revoir sans modération.

La remise des prix de la Belgodyssée 2011 a lieu ce mercredi 21 décembre au Palais royal de Bruxelles. Les résultats dans L'Avenir du jeudi 22.

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