ENVIRONNEMENT

Énergie verte : ambitions compromises

Énergie verte : ambitions compromises

Le consommateur peut produire sa propre énergie verte grâce au photovoltaïque notamment.

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Le belge consomme aujourd’hui 5 % d’énergie verte. L’objectif européen est de 13 % en 2020. L’accord gouvernemental pourrait l’entraver.

Notre dépendance au pétrole représente aujourd’hui 52 %, au gaz naturel 30 % et au nucléaire 8 %. L’une des solutions pour sortir de cette situation peu écologique est de développer davantage la production d’énergie verte, dite durable. Dans cette optique, l’Union Européenne s’est engagée à augmenter la contribution des énergies renouvelables d’ici à 2020 pour qu’elles représentent 20 % de la consommation finale d’énergie.

Chaque État devra y aller de son petit effort : l’objectif, pour la Belgique, est fixé à 13 %. Une récente étude publiée dans Renouvelle, la revue belge de référence sur l’énergie durable, révèle que nos achats issus d’une production renouvelable s’élèvent aujourd’hui à 5 %. Selon Michel Huart, secrétaire général de l’APERe, Association pour la promotion des énergies renouvelables, « 5 % peut sembler faible mais il faut savoir qu’en dix ans, on a multiplié par trois la contribution des énergies renouvelables. Nous étions à 1,5 % en 2000, on constate donc un véritable changement dans la manière de produire l’énergie. C’est encourageant et au vu de cette dynamique, nous nous situons bien par rapport à la norme européenne.»

Mais il serait hâtif de se réjouir de cette situation car l’accord gouvernemental risque bien de jeter un froid dans ce décor idéal. « Les mesures prises récemment sont en totale contradiction avec certaines priorités du gouvernement à savoir l’emploi, le changement climatique et l’indépendance énergétique », regrette M. Huart. L’accord prévoit en effet de supprimer les avantages fiscaux en matière d’isolation et de photovoltaïque. « La fiscalité peut induire les comportements d’investissements », assure M. Huart. « Par ces mesures, on va décourager le consommateur de se tourner vers l’énergie verte. De plus, en matière d’emploi, on court à la catastrophe dans le secteur. »

Dans cette optique, on imagine mal comment l’objectif des 13 % sera atteint dans huit ans. Selon Michel Huart, trois mesures devraient être prises par les autorités politiques. « Il faut d’abord moderniser notre réglementation afin de permettre davantage de production décentralisée, éolienne par exemple, il est aussi important de récompenser justement les gens qui investissent, en rétablissant les avantages fiscaux. Enfin, il faut prendre des mesures afin de sensibiliser, informer et former le public et les sociétés aux bénéfices des projets locaux de développement des énergies renouvelables.» ¦

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