Jean-Michel Javaux s’en va, pour son amoureuse

Jean-Michel, après neuf ans de présidence des Verts, tire sa révérence. Il retourne s’occuper de sa ville chérie, Amay, et de sa famille.

Un petit secret bien gardé, couvé, organisé. Jean-Michel Javaux, président d’Écolo depuis neuf ans, ne dirigera plus le parti des Verts. Il ne voulait pas, clame-t-il, « devenir otage de la chose publique ». Il a toujours voulu, ajoute-t-il, « s’occuper à plein-temps d’Amay et sa fonction de bourgmestre ». C’était plié depuis des mois mais il a gardé le suspense jusqu’au bout. Sauf au sein d’un cercle hyperrestreint « de quatre ou cinq personnes »et purement local. Hier midi, il a convié « quelques journalistes » (une trentaine…) pour annoncer officiellement son retrait.

Non, il ne faut pas voir dans ce choix un calcul politique, assure-t-il. Non, ce n’est pas à cause des statuts d’Écolo qui prévoient un changement de présidence après autant de temps. («on a changé plusieurs fois les statuts. Dans l’absolu, on aurait encore pu »).

Oui, ce sont d’abord des raisons personnelles et familiales qui guident ses pas. Il parle de ses enfants. La grande a dix ans. Elle l’a toujours connu président. « Mes enfants préfèrent me voir en vrai qu’à la télé ». Et « son amoureuse » change d’orientation professionnelle. Elle est infirmière. Elle va se consacrer au suivi à domicile d’enfants malades. Elle aura des horaires ultra-flexibles, de jour comme de nuit. Il veut pouvoir la soutenir.

Il dit qu’il a « le sentiment du devoir accompli ». Il insiste sur ce point. Il retrace en quelques mots et quelques clichés les neuf années parcourues. Les débuts difficiles, deux années de galère complète pour les Verts, après la Berezina de 2003. « On a perdu 60 % de nos moyens humains du jour au lendemain. On s’est serré les coudes », dit-il. « Au tout début, Écolo, raconte-t-il, c’était Francorchamps et Écolo fossoyeur de l’Emploi ».

Et puis entre 2006 et 2009, ce fut le redéploiement. Il parle d’une « grande victoire en 2009 ». Et aujourd’hui, il laisse derrière lui un « parti apaisé ». Car avant « Écolo c’était les montagnes russes, déchiré entre “fundi”et pragmatiques. On a été à la rencontre de différents publics. » Et de citer : les syndicats, les chefs d’entreprises, les fermiers… « On a pu construire desalliances, dialoguer… »

Il proclame l’indépendance absolue de son parti. Et il en veut pour preuve les 35 majorités communales auxquelles participent les verts. Écolo est en coalition exactement autant avec le MR, le cdH ou le PS. C’est un équilibre de un tiers pour chaque autre parti traditionnel. Jean-Michel Javaux veut, aujourd’hui, incarner sa devise jusqu’au bout. « Être au pouvoir, ce n’est pas être dans la compromission ». Et aujourd’hui, vraiment, il veut renvoyer l’ascenseur à son épouse. Et vraiment aussi, il a besoin de « se ressourcer ».

Le départ de Javaux ressemble à un véritable conte de fées dans le monde brutal et carriériste de la politique. ¦


Nos dernières videos