consommation

De plus en plus d’exclus financiers

De plus en plus d’exclus financiers

99 % des Belges possèdent un compte bancaire. Pour les autres, c’est galère…

Belga

Crédits, assurances… : les Belges sont de plus en plus « financiarisés ». Et ceux qui sont exclus du système le sont aussi de plus en plus.

En Belgique, il est presque impossible de vivre sans compte bancaire. Certains revendeurs de gaz ou d’électricité, par exemple, refusent de vous fournir si vous ne signez pas une domiciliation. Parallèlement, et alors que les produits et services financiers sont donc de plus en plus indispensables pour accomplir une série d’actes essentiels de la vie quotidienne, un nombre grandissant de personnes (de 2 à 4 %) rencontre de sérieuses difficultés pour y accéder et/ou les utiliser, dans la majorité des cas à cause de leur coût.

C’est le constat que dresse le Réseau Financement Alternatif dans son premier rapport du genre, axé essentiellement sur l’accès aux comptes bancaires, à l’épargne, au crédit et à l’assurance. « En 2011, la financiarisation a augmenté dans notre pays, explique Bernard Bayot, directeur du Réseau Financement Alternatif. Cela veut dire que de plus en plus de Belges utilisent de plus en plus de produits et services financiers. D’un autre côté, 2 à 4 % de la population n’a pas du tout accès à tout ça. Donc, si l’inclusion financière se renforce, on constate que l’exclusion aussi. »

1. L’accès aux comptes bancaires : alors qu’il y a de plus en plus de comptes à vue par personne, il reste donc une partie de la population qui n’en possède pas. « C’est pourtant un droit.À mon avis, si tant de gens n’en possèdent pas encore, c’est par manque d’info. Il faudrait donc mieux informer les personnes concernées. »

2. L’épargne : là aussi, on constate qu’il y a de plus en plus (de comptes) d’épargne. Le RFA propose que les pouvoirs publics promotionnent davantage la micro-épargne auprès des ménages modestes, afin d’éviter le recours « facile » au crédit à la consommation.

3. Le crédit :« Ouvrir un crédit à la consommation est dangereux et onéreux, ajoute le directeur de RFA. Il faut une réglementation plus ferme, entre autres en responsabilisant les grandes surfaces qui en proposent. Les messages pub ne laissent pas non plus assez transparaître la dangerosité et le risque de ces crédits. »

4. L’assurance : on estime que plus d’un Belge sur deux a souscrit à une assurance de soins complémentaire. Quant aux autres assurances, elles sont parfois délaissées par les Belges, faute de moyens. « Pourquoi ne pas généraliser la RC familiale, par exemple ?,se demande encore Bernard Bayot. Ou, ce n’est qu’une hypothèse, réfléchir à une assurance voiture sociale… »

Face à ce constat général et inquiétant, il importe donc « de renforcer les politiques publiques qui visent à lutter contre l’exclusion financière »

Nos dernières videos