La faillite de Saab était attendue

L’avenir de Saab ne paraît pas particulièrement dégagé après l’aveu de faillite d’hier.

Associated Press/Reporters

Les ultimes tentatives de convaincre des repreneurs ont échoué : les sociétés automobiles du groupe Saab ont fait aveu de faillite hier.

Le constructeur automobile suédois Saab s’est déclaré en faillite hier. Le tribunal de Vänersborg a précisé que trois des principales compagnies du groupe ont fait aveu de faillite (Saab Automobile Aktiebolag, Saab Automobile Tools AB et Saab Automobile Powertrain) et qu’« il doit nommer un liquidateur rapidement ».

Propriétaire de Saab depuis le début 2010, quand General Motors (GM) lui a cédé le groupe pour 400 millions de dollars, le néerlandais Swedish Automobile (Swan), a confirmé que « la compagnie, sans l’apport de nouveaux fonds, devient insolvable et la déclarer en faillite est dans le meilleur intérêt de ses créanciers ».

Le charismatique directeur général de Swan, Victor Muller s’était démené pour trouver un accord qui pourrait sauver la marque de la faillite, principalement auprès de deux groupes chinois : le constructeur Youngman et le distributeur Pang Da. Mais GM s’est opposé au nécessaire transfert de brevets technologiques qu’il détient toujours pour les modèles 9-3, 9-5 et 9-4X.

La faillite est donc intervenue, et elle était prévisible : vers la fin du premier semestre, Saab avait dû arrêter sa production lorsque les fournisseurs avaient cessé leurs livraisons pour cause de montagnes de factures impayées.

C’est maintenant l’inquiétude pour les 3 700 salariés de la marque, qui attendent encore leurs salaires de novembre.

Le dirigeant du syndicat des métallurgistes IF Metall, Stefan Löfven, exprime l’espoir qu’un nouveau repreneur puisse sauver le groupe dans sa totalité. « Un scénario qui verrait un démembrement de la compagnie serait bien pire et bien plus d’emplois seraient menacés », a-t-il exprimé à l’agence de presse suédoise TT.

Mais la perspective ne convainc pas tout le monde. « Je serais très surpris que quelqu’un reprenne Saab », a déclaré Lars Holmqvist, directeur exécutif de l’Association européenne des fournisseurs automobiles.

Fondé en 1937 avec l’aide du gouvernement suédois pour fabriquer des avions, Saab s’était ensuite diversifié dans l’automobile. La faillite des sociétés automobiles du groupe ne mettrait pas en péril ses activités dans le secteur aéronautique.¦

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