Abus sexuels: le geste fort et inédit de l’Église

Abus sexuels: le geste fort et inédit de l’Église

« Tous les pas sont encore à faire pour accueillir ces victimes », a expliqué sobrement Mgr Harpigny aux côtés de Mgr Bonny.

Belga

Les victimes d’abus sexuels seront reconnues et indemnisées. L’Église belge a mis au point une procédure inédite et unique au monde.

L’Église avait fini par répondre positivement. Six mois plus tard, ce « oui » s’est transformé en un centre d’arbitrage en matière d’abus sexuels. Hier, au parlement les plus hauts responsables de l’Église belge sont venus présenter comment ils indemniseront les victimes des prêtres et religieux.

La présidente de la commission, Karine Lalieux (PS), a présenté cette procédure. La voix grave et posée, elle a dit : « C’est un geste fort et inédit que posent les autorités religieuses de Belgique qui reconnaissent les victimes d’abus sexuels dans leur statut, leurs souffrances, leur solitude et leur abandon. »Et de souligner que l’argent ne réparera évidemment pas tout.

La procédure sera simple, gratuite et humaine. Voilà ce que l’Église a mis au point en étant encadrée par des experts. Le processus est inédit. Il pourrait d’ailleurs servir d’exemple à d’autre pays ou à d’autres « secteurs », eux aussi touchés par une omerta malsaine sur des faits d’abus. Comme le monde du sport. « Les autorités de l’Église sur une base purement volontaire indemniseront les victimes. Les sentences resteront complètement anonymes. Nous avons étudié tout en détail pour qu’aucun recours ne puisse être mené contre ce système à Strasbourg », explique Étienne Montero, doyen de la faculté de droit des FUNDP (Namur) et spécialiste du droit des obligations.

Il est impossible de savoir combien de victimes s’adresseront à ce tribunal. La commission Andriaenssens mentionnait 478 dossiers. 204 victimes se sont par ailleurs adressées au Parquet fédéral. Mais de nombreuses personnes ont préféré se taire ou laisser leur souffrance enfouie dans le passé. L’anonymat de la démarche proposée aujourd’hui pourrait leur donner le courage de se faire connaître et reconnaître.

« Notre première pensée va aux victimes dont on ne pourra jamais mesurer la profondeur de la souffrance », a commenté, avec dignité et humilité, Mgr Harpigny, évêque de Tournai. Et d’ajouter : «tous les pas sont encore à faire pour accueillir ces victimes. Nous voulons être aptes à correspondre à ce qui est proposé par ce règlement ». « C’est un moment très important », a conclu sobrement Daniel Sonveaux, au nom de tous les religieux de Belgique francophone. ¦

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