« Il aurait pu perdre sa conditionnelle »

« Il aurait pu perdre sa conditionnelle »

Le palais de justice de Liège, à deux pas des lieux du drame. Un endroit bien connu du meurtrier.

Reporters

La question se pose en masse lorsqu’un condamné en liberté conditionnelle commet un acte criminel : le système judiciaire belge est-il efficace ? Et plus particulièrement, dans ce cas-ci, le suivi des récidivistes est-il concluant ?

Les commentaires sur le lourd passé judiciaire de Nordine Amrani continuent de pleuvoir. Des informations circulaient aussi hier sur certains sites concernant un manque de communication entre diverses instances judiciaires, qui aurait permis à Nordine Amrani de bénéficier d’une liberté conditionnelle imméritée.

« C’est faux, affirme Jean-François Dister, l’avocat du meurtrier. Toutes les conditions étaient respectées au niveau de sa libération conditionnelle ». Mais il souligne aussi que si Nordine Amrani n’a pas été inquiété pour détention d’armes en 2009, c’est « suite à une période de transition, pendant laquelle la loi était floue ». Le procureur général de Liège, Cédric Visart de Bocarmé, a parlé à ce sujet d’un « problème technique », précisant que la cour n’avait, à l’époque, « pas visé la bonne loi ».

Mais la justice aurait peut-être rattrapé Nordine Amrani ce mardi. Jean-François Dister estime que la convocation du meurtrier le jour même dans un commissariat, pour une affaire de mœurs, aurait pu déboucher sur « la suspension, voire la révocation de sa liberté conditionnelle », parce que « la condition légale de ne pas mettre en danger l’intégrité physique d’autrui était mise en cause ».

Améliorer le suivi des poly-criminels

Du côté du politique, les réactions à ce débat sur la justice ne se sont pas fait attendre. La ministre de la Justice Annemie Turtelboom a déclaré à plusieurs journalistes que les faits concernaient un « poly-criminel », et que le gouvernement allait voir comment assurer un meilleur suivi de ces personnes pour éviter de tels drames. Un groupe de travail composé des cabinets des vice-Premiers ministres s’est réuni hier soir pour aborder les questions liées, principalement, au problème du trafic illégal d’armes. Un durcissement de la lutte contre ces trafics est prévu dans le Plan national de sécurité 2012-2015.

Une annonce qui rappelle le durcissement de la vente -légale – d’armes, décidé par le gouvernement fédéral en 2006, quelques semaines après le raid armé meurtrier d’Hans Van Temsche à Anvers. ¦

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