FOOTBALL

Riga: «J’ai connu peu d’échecs dans tout ce que j’ai entrepris»

Riga: «J’ai connu peu d’échecs dans tout ce que j’ai entrepris»

José Riga a le sourire : le Standard est qualifié pour les seizièmes de finale de la Ligue Europa et reste sur une série en cours de dix matches sans défaite.

Belga

José Riga évoque le début de saison et le redressement du Standard. Il parle aussi de sa nomination et du prochain mercato.

Les sapins de Noël ont été installés à l’Académie Robert-Louis-Dreyfus. Pour le Standard, c’est Noël depuis dix matches de suite, et une série sans défaite qui a débuté après la gifle (5-0) à Anderlecht, le 16 octobre. C’est avec ce bon bilan, une qualification européenne en poche et la perspective d’un quart de finale de Coupe de Belgique contre le Lierse que José Riga nous a reçu pendant une heure.

M. Riga, est-il plus facile d’être l’entraîneur du Standard en ce moment ?

Dans mon esprit la difficulté était claire au départ, je ne me suis jamais dit qu’il n’y aurait pas de problème. Maintenant on a des choses en place, mais ce n’est pas devenu tout à coup plus facile. La charge de travail est identique et quand on atteint des objectifs transitoires, on essaie d’entretenir la spirale. On est toujours en course dans les trois compétitions et on a atteint un objectif : passer l’hiver européen.

Qu’est-ce qui a changé depuis la défaite à Anderlecht ?

En général, j’essaie de mettre en place quelque chose qui dure, de maîtriser tous les aspects. Il fallait cerner les capacités du groupe, situer nos ambitions par rapport à son potentiel réel. Il y avait tellement de changements… J’étais conscient qu’on allait passer une première partie de saison en tâtonnant. Puis on a passé la période des incertitudes et on n’a peut-être pas abordé Anderlecht de la meilleure façon. Les joueurs étaient peut-être trop sûrs ou avaient trop de respect, on ne sait pas. Après un tel échec cuisant, une remise en question profonde est obligatoire. À partir de ce moment-là, le groupe s’est rendu compte que l’exigence était ailleurs que dans l’enchaînement de deux bons matches. Après, contre Poltava (0-0), quoi qu’on en dise, on s’est relevé de manière magnifique alors qu’on aurait pu voir une équipe en plein doute ou encaisser une deuxième défaite. Puis il y a eu le périple commando à Poltava (1-3). On était en cercle fermé, on a fait un briefing et un débriefing de notre situation. Il fallait franchir un cap.

Qu’est-ce qui vous a poussé à changer le système à Poltava (de 4-2-3-1 à 4-4-2) ?

L’état de forme des joueurs à disposition. Pas parce que l’opinion le voulait, car je travaille en fonction de mes idées. Poltava devait gagner et se découvrir. Avec deux lignes de quatre compactes et deux attaquants proches de leur meilleur niveau, on s’est dit qu’on y allait comme ça.

Après St-Trond, (1-1) les supporters demandaient votre démission. Dans quel état d’esprit étiez-vous à cet instant ?

Je voyais ce qu’on essayait de faire, ça devait passer. C’était forcément plus difficile, mais après ce match contre St-Trond, on manquait toujours d’efficacité, pas de contenu.

On vous sent parfois tout en retenue. Est-ce une volonté ou votre nature ?

Je suis comme ça, ce n’est pas une manière d’être. Quand on fait de super résultats, je savoure avec le staff et les joueurs, mais je relativise. Je sais que tout va très vite.

Vous entraînez un club du top sur le tard. Avec regret ?

Non. Mon parcours devait être écrit comme ça. J’aurais pu prendre des virages plus courts, mais je ne suis pas un aventurier. Je ne regrette pas, parce que je ne sais pas ce qui m’attend. En fait, je n’ai pas de plan de carrière.

Il y avait un peu de scepticisme à votre arrivée…

Beaucoup.

Était-ce difficile à vivre ?

Non. Mais je n’ai pas aimé les raccourcis qui ont été faits sans me connaître. On donnait des avis sur mes compétences ou ma personnalité. Mais je ne suis pas né de la dernière pluie et je ne suis pas tombé sur le c… Je ne cherche pas à me vendre.

Ce scepticisme n’était donc pas un moteur au début ?

Je ne peux pas mettre mon énergie à convaincre, je dois juste faire du mieux possible, pour être à la hauteur de la confiance de l’employeur. Ce n’est pas ce qu’on dit dans les journaux qui m’intéresse.

Vous les lisez quand même…

On en doute toujours, mais très sincèrement je n’ai pas lu 2 % de ce qui a été écrit. Je reçois la revue de presse tous les jours, c’est delete. Il y a des moments particuliers où j’ai lu, mais je ne veux pas me laisser polluer l’esprit par les journaux. Je sais ce que je fais. J’ai connu peu d’échecs dans tout ce que j’ai entrepris. Je le sais et je n’ai pas besoin que tout le monde le sache.

Un entraîneur doit faire des choix. L’avenir de Leye, Nong, Camara, Berrier et Opare est-il toujours au Standard ?

Un cas n’est pas l’autre. Satisfaire tout le monde est impossible, mais je pense pouvoir dire que tout le monde a eu sa chance, cela m’a coûté suffisamment. Mais c’était une question de respect. J’ai aussi prouvé avec Goreux que si on travaille on a sa chance. J’ai fait des choix, et des joueurs ont répondu à l’attente, dont Felipe. On ne croyait pas nécessairement en lui, mais il a tout fait pour être présent et loyal par rapport à un contrat de confiance.

Vous attendez-vous à des départs de titulaires cet hiver ?

On ne peut pas jeter tout le travail qui a été fait, et on ne veut évidemment pas déforcer l’équipe. Les joueurs, qui pouvaient se demander vers quoi on allait se diriger, vu les changements importants et profonds, ont eu une bonne réponse aux attentes sportives. Après il y a le marché et les offres. Mais il ne sera pas nécessairement judicieux de partir maintenant.

Quels postes allez-vous renforcer cet hiver ?

Dans le secteur défensif, on sait qu’on a trois possibilités comme arrières centraux. Je vois plus Karim (Belhocine) dans l’entrejeu. À gauche, Sébastien (Pocognoli) a tout joué, mais ce poste-là est délicat. En fonction des départs, dans la ligne d’attaque, on peut aussi imaginer se renforcer. On ne doit pas non plus avoir des perspectives à court terme.

Vu le bon enchaînement, les ambitions ont-elles été revues à la hausse ?

Je ne sais pas dire si on saura reproduire ce qu’on a fait. Tout dépendra du mercato. Mais je suis très content de ce qu’on a fait, c’est assez incroyable d’être en pareille position, vu d’où on vient. Dans l’immédiat, je pense aux cinq matches pour finir l’année. On reste réaliste. On a des joueurs à un certain niveau, mais on sait à quel prix, avec un collectif qui donne tout. Un petit contrecoup sera inévitable, le plus réduit et le plus tard possible. On devra alors trouver d’autres ressources.

Si vous pouviez refaire une chose, après ces quatre premiers mois à la tête du Standard ?

(long silence) Très honnêtement, quand j’ai entrepris certaines choses, qui m’ont parfois coûté, c’était avec mes convictions du moment. C’est très facile de dire après. Moi je dois dire avant.¦

Pro League

Classement
# MJ V D N B P
1 Union St-Gill. 11 7 3 1 24/11 22
2 FC Bruges 11 6 1 4 20/13 22
3 Eupen 10 6 2 2 21/12 20
4 Antwerp 11 6 3 2 21/15 20
5 FC Malines 11 6 4 1 19/19 19
6 KRC Genk 11 5 4 2 21/17 17
7 Ostende 11 5 4 2 16/19 17
8 Anderlecht 11 4 2 5 21/14 17
9 Charleroi 11 4 2 5 19/13 17
10 Courtrai 11 4 4 3 14/14 15
11 St-Trond 11 4 4 3 12/14 15
12 Standard 11 4 5 2 12/19 14
13 FC Seraing 11 4 7 0 15/21 12
14 Zulte-Waregem 11 3 5 3 17/24 12
15 La Gantoise 10 3 5 2 16/13 11
16 OH Louvain 11 1 3 7 11/19 10
17 Cercle Bruges 11 2 7 2 12/18 8
18 Beerschot 11 0 9 2 7/23 2
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