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Ridremont : « Les bigotes vont mourir »

Ridremont : « Les bigotes vont mourir »

Patrick Ridremont est Sergio. Une petite frappe qui pense avoir mis ses potes sur le braquage du siècle.

Julien Pohl

Patrick Ridremont joue actuellement au Théâtre de la Toison d’or dans « Arnaque, cocaïne & bricolage ». Professeurs de morale s’abstenir.

Dans Arnaque, cocaïne & bricolage, cinq petites frappes décident d’organiser le braquage du siècle. Parmi eux, Sergio incarné sur scène par Patrick Ridremont. Interview.

Qui dit casse, dit perçage de coffres et poursuites haletantes. Aborder un tel sujet au théâtre, ça doit représenter un sacré défi.

Ça pourrait être difficile si le braquage se passait comme prévu. Ce n’est pas le cas puisqu’on a affaire à cinq incompétents. Ce sont tous des boulets.

Qui est Sergio, votre personnage ?

Il a un petit côté italien ou corse. Il aime se présenter comme quelqu’un de calme. Mais en pratique, il est aussi pathétique que les autres (Rires). C’est lui qui a eu vent du magot planqué dans le château. Mais que la bande parvienne ou non à s’enfuir avec l’argent, c’est assez accessoire. Car ce qui compte ce sont les « small talks » à la Pulp Fictionqui émaillent la pièce. Dans ce film, Travolta cause durant plusieurs minutes d’hamburgers. Ça ne fait pas avancer l’histoire mais c’est comique. Dans Arnaque, cocaïne & bricolage, c’est pareil.

Vous connaissiez déjà les autres comédiens qui complètent la bande avant le spectacle?

J’avais déjà travaillé avec Didier Colfs et Clément Manuel. Pas avec les autres. Dans cette pièce, c’est important de ne pas tirer la couverture à soi. Nous avons des rôles d’égale importance. On est devenu de vrais partenaires.

Un exemple concret ?

On a éprouvé quelques difficultés au niveau de la réception de la pièce. Certains spectateurs nous ont envoyé des mails en nous demandant comment une pièce pouvait être aussi grossière. On en a discuté dans les loges. C’est assez bizarre de constater que la moitié de la salle est morte de rire, l’autre tétanisée.

Vous vous attendiez à de telles réactions ?

Sincèrement non. Même si je savais qu’en France, la pièce avait eu le même genre de réactions. Mais ce n’est pas La muette de Portici. Le public ne doit pas s’attendre à nous entendre déclamer de jolis alexandrins et du Corneille.

La pièce s’adresse donc à un public « jeune ».

Pour ma part, je l’aurais interdite aux moins de 14 ans. À mon sens, elle convient plutôt aux adolescents et aux adultes qui font preuve d’ouverture d’esprit. Car c’est sûr les bigotes vont mourir et les professeurs de morale vont partir en vomissant. Mais si vous avez envie de regarder un ovni, venez nous voir. Sinon, il y a Derrick à la télévision.

Que peut-on vous souhaiter pour 2012 ?

2012 sera l’année de tous les dangers pour moi. Je viens de tourner Dead man talkingavec François Berléand et Virginie Efira. Mon premier film en tant que réalisateur. Il parle d’un condamné à mort qui trouve une faille dans le système juridique. Tant qu’il parle, il ne peut être exécuté. Il y aura pour moi un avant-après ce film. Si c’est un échec, l’après sera douloureux. Dans le cas contraire, ce sera plus agréable (Rires). ¦

« Arnaque, cocaïne & bricolage », de Mohamed Rouabbhi. Mise en scène : Olivier Massart. 02 510 05 10

Jusqu’au 31 décembre du mercredi au samedi au Théâtre de la Toison d’or (Bruxelles).

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