Rétrograder sans le dire

La remotion doit permettre aux travailleurs âgés de garder le rythme jusqu’à la pension.

Reporters

Deux auteurs flamands plaident pour réduire les responsabilités et les salaires des travailleurs âgés. Des rétrogradations ? Non, des « remotions ».

Rétrograder : une solution au vieillissement de la population et au paiement des pensions. Telle est la thèse défendue par la chercheuse de la VUB Tanja Verheyen, auteure avec le journaliste Bob Vermeir d’un récent ouvrage qui aborde la question.

Le duo préfère parler de « remotion » plutôt que de rétrogradation, car la remotion concerne uniquement la transition professionnelle des travailleurs en fin de carrière, à partir de 50 ans. Selon Verheyen et Vermeir, la nuance est aussi psychologique. Il s’agit d’aborder la question de manière positive. « Dans les plans de pension du gouvernement néerlandais, on parle de rétrogradation. C’est est encore loin d’être le cas en Belgique. Pourtant, les plus de 50 ans gagnent davantage que leurs collègues. On attend aussi plus d’eux. Parfois les attentes sont très hautes, avec stress et burnout à l’appui».

Le salarié « remoté » aurait moins de pression au travail, mais plus de respect et de temps libre ; l’employeur conserverait, à un salaire adapté, l’expérience et la connaissance du travailleur âgé ; la sécurité sociale enfin continuerait à rentrer des cotisations à la place de devoir payer des réserves de pension.

Les auteurs précisent toutefois que le sujet est largement tabou dans les entreprises. Les gens qui ont vécu cette expérience ont souvent honte ainsi qu’une piètre image d’eux-mêmes. Il a d’ailleurs été difficile de trouver des témoignages et d’obtenir les accords pour mentionner dans l’ouvrage les noms et prénoms des personnes interviewées.¦

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