La Bruelmania, l’antisémitisme, DSK…

Des révélations étonnantes, Patrick Bruel en fait tout au long du livre. Ainsi l’on apprend qu’il est passionné de musique classique dès l’âge de 10 ans, qu’il lit Dostoïevski à 12 et s’offre sa première guitare à 15 ans pour pouvoir «frimer auprès des filles ». Il parle longuement de ses potes du lycée Henri IV et du décès d’un ami atteint du sida. Très jeune, l’ado se passionne également pour la politique et séduit François Mitterrand, quelques années plus tard, lors de son passage dans le 7 sur 7 d’Anne Sinclair. Il n’hésite pas à parler de sa vie privée, son ex-femme Amanda Sthers et sa nouvelle compagne depuis 2008, la journaliste et mannequin Céline Bosquet.

Dès le début de l’ouvrage, Patrick Bruel évoque avec émotion l’antisémitisme dont son fils, Oscar, a été victime lorsqu’un copain de classe lui a un jour sorti : « T’es juif ? Alors t’es plus mon copain.» Il explique avoir été insulté un jour sur les Champs Élysées par une beurette. « C’était des insultes graves, se souvient-il. J’ai eu beaucoup de peine. Je pense qu’elle se gourait complètement de cible.»

Autre sujet sensible : la Bruelmania. On le sent fébrile à la lecture des pages qui l’abordent. Un mauvais souvenir à oublier ? « Non, bien sûr que non, c’est un bon souvenir, mais Askolovitch me remet en mémoire des moments qui étaient trop violents. Je n’aime pas ce que les gens en ont fait. On me ridiculisait en prenant mes fans pour des imbéciles. Le phénomène sociologique a occulté le moment artistique. Je voyais que si on ne faisait pas attention à ça, on allait droit dans le mur. Certains artistes ne s’en rendent pas compte. Moi, je suis un joueur de poker, donc je vois trois coups à l’avance. »

En quelques lignes, car il ne s’épanchera pas, Patrick Bruel évoque son ami Dominique Strauss-Kahn au travers de mots qui en surprendront certains : « Je suis triste, je n’ai jamais pensé que Dominique puisse être un violeur… Je vis tout ce qui lui arrive avec colère, avec regret mais aussi avec infiniment de peine pour Anne et pour lui… » Car Bruel aurait aimé voir DSK devenir président. « Ma sensibilité a toujours été de gauche, mais être de gauche, aujourd’hui, c’est très compliqué. Ou juste triste.Ça ne veut plus dire grand-chose. » De la tristesse il en éprouve aussi lorsqu’il évoque le temps qui passe et le fait d’avoir été papa relativement tard : « Ce que je ne connaîtrai jamais avec Oscar et Léon me manque déjà.»¦

C. J.

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