Roman et spectacle

Gougaud entre contes et Baladines

Avec « L’Enfant de la neige », Henri Gougaud revient au roman.Mais il est aussi sur la scène avec les Baladins du miroir.

Conteur, romancier, chanteur… Véritable troubadour des temps moderne, Henri Gougaud revient avec un nouveau roman L’enfant de la neige. Une histoire se déroulant au XIIIe siècle dans le Languedoc, au temps de l’inquisition. Jaufré, un jeune troubadour revient en son pays d’adoption. Là où enfant, du moins c’est ce qu’il croit, il a été trouvé dans la neige par le père abbé Aymar. « J’ai écrit pratiquement autant de romans que de contes, nous confie Henri Gougaud, je suis un raconteur d’histoires. Un roman est un moyen comme un autre de le faire. Mon premier souci, c’est que le lecteur aime ce que je fais ! » Cependant, l’auteur qui vit à Paris mais garde l’accent du Sud-Ouest, reconnaît que conteur et romancier sont deux métiers différents. « Lorsque j’écris des recueils de contes, ma démarche est de remettre à jour des contes traditionnels, je n’invente pas, je suis le serviteur d’une tradition qui se perd. Un roman comme celui-ci est une histoire que j’invente même si parfois je m’inspire de faits réels. J’ai toujours été fasciné par la période de l’inquisition qui est aussi celle des troubadours. C’est une période forte de l’histoire de France. »

Jaufré, de retour au pays, découvrira d’ailleurs de bien sombres secrets liés à sa naissance et à l’inquisition… « L’idée de ce roman m’a été curieusement inspirée par un conte caucasien. De retour au pays, un guerrier y découvre des scènes très énigmatiques, dont celle d’un enfant tout nu dans la neige. Et quand il demande à un sage patriarche « qui peut ainsi abandonner un enfant nu ? », celui-ci lui dit « Dieu, car qui d’autre pourrait abandonner ainsi son enfant dans la neige ». J’ai senti qu’il fallait que j’écrive une histoire autour de cet enfant. Qui est-il ? »

Une histoire qui permet aussi à Henri Gougaud de rétablir les troubadours à leur juste place historique. « Ils étaient des poètes engagés avec des textes parfois très violents envers le pouvoir. Ils sont aussi les inventeurs du sentiment amoureux. » Quant à l’inquisition, elle est pour le romancier une tragédie, « il y a dans la religion quelque chose de contradictoire entre un Dieu tout puissant et un Christ tout amour. Ces sentiments sont antagonistes, entre amour et pouvoir, il faut choisir ! »

L’amoureux des mots comme il se qualifie lui-même est également partie prenante d’un nouveau spectacle proposé par les Baladins du miroir, Les oiseaux de passage. « Je suis le conteur du spectacle et j’accompagne les Baladines… » Une présence qui n’est pas un hasard. « Les Baladins ont monté un spectacle « Le chant de la source » autour de contes tirés de mes livres. C’est ainsi que j’ai fait leur connaissance. Quand j’ai vu ce qu’ils en ont fait, comment ils ont merveilleusement mêlé l’art du conteur et celui du comédien, j’ai vraiment eu envie de travailler avec eux. »¦

Henri Gougaud, « L’Enfant de la neige », Albin Michel, 279 p., 19,50 €

Nos dernières videos