Louer une œuvre d’art comme on emprunte un livre

Vous cherchez un tableau pour habillerle mur de votre salon ou une sculpture pour orner votre entrée ? Louez-les à l’Artothèque.

Un dessin de Geluck dans le bureau, une toile de Pierre Alechinsky dans le salon et une série de photos de Pablo Avendano dans le hall d’entrée. Vous avez toujours rêvé de pouvoir exposer chez vous une œuvre d’art mais vous n’êtes ni Rothschild ni galeriste et en plus, vous avez peur de vous lasser ou de ne pas pouvoir changer de décor régulièrement ? Alors, l’Artothèque de Wolubilis, la seule en communauté française, est faite pour vous. L’Arto-quoi ? L’Artothèque, un lieu de location d’œuvres d’art, comme on le ferait avec des livres dans une bibliothèque, tout simplement.

L’idée a été lancée à Woluwe-Saint-Lambert dans les années 70 par l’échevine de la Culture de l’époque, dont le mari était collectionneur d’art, qui a été sensibilisée au travail des nombreux artistes de la commune qui se rassemblaient régulièrement pour travailler et animer des ateliers dans une maison abandonnée, le Château Maloux.

Et si le concept s’est évidemment affiné avec les ans et que les œuvres d’art ont migré, l’idée de base est restée la même : désacraliser l’art. « Le but est de démocratiser l’art et, surtout, de le rendre accessible au plus grand nombre en sensibilisant les gens et en aiguisant leur regard », explique Solange Wonner, directrice du centre culturel Wolubilis, duquel fait partie l’Artothèque.

C’est aussi une façon, pour les amateurs, de « tester » une œuvre d’art dans leur environnement. Voir si elle convient pour le lieu choisi, vérifier qu’elle parle toujours à ses occupants même des semaines plus tard « et qu’elle vous ouvre d’autres portes ». Avant de peut-être décider de l’acheter (lire ci-dessous). Ou d’en changer. Sans complexe. « Beaucoup de gens se sont formés à l’art contemporain via l’Artothèque, précise Muriel Tanter, celle qui gère la collection au jour le jour. Cette formule permet vraiment à tout le monde d’approcher cet art qu’on connaît moins en ne prenant aucun “risque”. »

Des peintures, des sculptures et des gravures mais aussi des photos, des sérigraphies ou encore des œuvres réalisées grâce aux nouvelles techniques d’impression, l’Artothèque abrite un millier d’œuvres d’environ 300 artistes. Et donc certaines font véritablement partie du patrimoine du lieu voire du patrimoine culturel belge, « mais celles-là ne sont pas à vendre ». « Parce que l’art d’aujourd’hui puise ses racines dans l’art d’hier », ajoute encore Solange Wonner. Qui cite aussi quelques noms comme Alechinsky, Tapta, Geluck, d’Oultremont… « Les artistes veulent en être, clairement ! Ce sont eux qui viennent à nous, pas l’inverse. L’Artothèque, c’est vraiment une belle façon pour eux de se faire connaître. »

Et les clients, eux, ont l’œil. Et savent repérer les incontournables et déceler les modes. « Pour le moment, sans aucun doute, c’est le règne de la couleur !, s’enflamme Muriel Tanter. Les gens veulent une atmosphère chaleureuse, on sent qu’ils ont envie de rêver et de lumière. »

Le rêve et la lumière… De l’art, quoi.¦