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Richard Ruben : « On a vécu une surenchère d’intolérance »

Richard Ruben : « On a vécu une surenchère d’intolérance »

Elio Di Rupo ? Mais non, c’est bien Richard Ruben.

Fabrice Gardin

Pour la sixième année consécutive, RichardRuben change d’identitécomme de chemise dans la Revue du Théâtre royal des Galeries. Impressions.

Quel est le point commun entre Jean-Michel Zecca, Charles Picqué, Freddie Mercury ou encore Elio Di Rupo ? Avoir marqué 2011 ? Oui mais pas seulement puisque ces quatre personnalités (et bien d’autres) seront incarnées sur scène par Richard Ruben dans le cadre de la Revue 2012 du Théâtre royal des Galeries.

Richard Ruben, vous avez dû maudire nos hommes politiques au moment de fignoler les textes de la Revue, non ?

Eh bien paradoxalement, les derniers événements n’ont pas changé grand-chose pour nous. Car dans le spectacle, on a prévu un sketch sur la fin de la Belgique. Qui sait en effet ce que l’avenir nous réserve ? Mais bon, on a vu que dans les toutes dernières négociations, ce n’était pas les rapports communautaires qui bloquaient le processus mais bien les clivages gauche-droite. Ce sont les intérêts personnels qui ont dicté la conduite de chacun.

Quel événement vous a-t-il le plus marqué jusqu’à présent en 2011 ?

Ce qui m’a le plus choqué, c’est qu’on a laissé Bart De Wever dire des horreurs. On a vécu une surenchère d’intolérance. Et pourtant, on a laissé faire ! De manière beaucoup plus positive, je retiens la désignation d’Elio Di Rupo en tant que Premier ministre. En Belgique, on est capable de tout. Cette nomination, c’est l’inverse de la ségrégation. Pourquoi ? Parce qu’Elio Di Rupo n’avait pas en mains les cartes classiques – je songe notamment à ses origines – pour connaître un tel parcours en politique. Mais lui, il assume tout. C’est un self-made-man.

Autre chose ?

Le mouvement des indignés m’a aussi fort touché. Par les temps qui courent, les gouvernements sont obligés de prendre des mesures drastiques. Mais les gens en ont marre de devoir supporter des taxes supplémentaires. Moi, j’ai ce rêve qu’un impôt de crise soit prélevé sur les plus riches. Demander à un milliardaire de donner 100 000 €, c’est une paille pour lui. Par contre, supprimer les primes écologiques sur les voitures, ça a bien d’autres répercussions.

Cela fait six ans que votre nom est associé à la Revue. A-t-elle évolué selon vous ?

Oui bien sûr, elle a évolué avec son temps. On essaie évidemment de garder le côté « strass & paillettes ». Cela ne nous empêche pas d’être assez matures dans ce qu’on raconte et d’aborder bien des domaines. Bref, les spécialistes de la politique seront comblés, tout comme les autres citoyens. Par exemple, avec la crise européenne, on a ainsi imaginé un numéro où des « Grecs » dansent le… sirtaki.

Imiter des célébrités, cela doit être plus stressant que d’incarner des personnages fictifs comme dans vos one-man-show !

J’ai les deux en moi. Donc, non, ce n’est pas plus stressant. Cependant, je suis toujours étonné du décalage qu’il peut y avoir entre l’image que dégage un homme politique ou un artiste et sa véritable personnalité. J’ai rencontré en vrai Elton John, c’est un des types les plus simples qui existent au monde.

Jusqu’au 5 février 2012, on imagine que votre vie sera en suspens…

Et vous n’avez pas tort (Rires).¦

« La Revue 2012 ». Mise en scène : David Michels et Bernard Lefrancq. Réservations : 02/512 04 07

Au Théâtre Royal des Galeries (Bruxelles) du 7 décembre 2011 au 5 février 2012.

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