Fruits et légumes : ventes en hausse

Fruits et légumes : ventes en hausse

Des légumes de saison et de chez nous pour remplacer la viande : une tendance observée par le CRIOC.

ÉdA – 10553117413

Moins de viande, mais une hausse de la vente des fruits et légumes… La conclusion d’une enquête du CRIOC.Un maraîcher confirme.

Selon le CRIOC (*), les Belges consomment moins de viande au profit des fruits et des légumes (+40 %). Laurent Born, producteur de fruits et légumes du « Jardin d’antan » (Fairon/Hamoir) confirme : en 15 ans, il a vu les habitudes de ses clients changer, évoluer.

« Dans les premières années, ce n’était pas la même clientèle et on ne travaillait pas non plus de la même façon, explique-t-il. Au début, je vendais surtout des pommes de terre, en grande quantité, pendant la saison qui va de la mi-août à la Toussaint. Les gens qui venaient faire leurs réserves repartaient parfois avec un sac de carottes ou une caisse de chou mais ça s’arrêtait là. »

Bref, à l’époque, la vente à la ferme était donc saisonnière et pas très diversifiée. Et puis les choses ont commencé à changer…

« Il y a six ans, après avoir mis l’exploitation sur pause, j’ai décidé de la relancer et de faire du maraîchage, pour tenir 12 mois sur 12, raconte Laurent. Est alors apparue une clientèle qu’on n’aurait pas eue avant. Aujourd’hui, la mentalité de faire des réserves n’existe plus ; comme on ouvre le magasin de la ferme 5 jours sur 7, les clients viennent plus souvent, pour de plus petites quantités mais surtout pour avoir du frais. »

À quoi est dû ce changement dans les comportements des consommateurs ? Pourquoi délaissent-ils la viande au profit des fruits et légumes ? Seraient-ils influencés par les messages santé sans cesse martelés ? Laurent Born en est convaincu.

« C’est clair que la publicité sur la santé, l’environnement et la production de proximité a eu un impact énorme pour nous, les petits producteurs, et que le message qui dit de manger cinq fruits et légumes par jour est de plus en plus intégré par les gens. Et puis, ça fait “in” d’aller chez un petit producteur et d’être attentif à sa santé. »

Le « Jardin d’antan » fournit aujourd’hui des particuliers en vente directe, mais aussi des restaurateurs, des magasins du terroir ou même des agriculteurs qui veulent compléter leur gamme. Laurent a ainsi une soixantaine de variétés de fruits et légumes à proposer.

« Cela va du “a” avec l’ail au “t” avec le topinambour, très utilisé dans la nouvelle alimentation, la nouvelle cuisine et pour impressionner ses invités. Pourtant, la première fois que j’en ai planté, ça n’a pas marché du tout, au point que j’ai dû le repousser dans les bois pour les sangliers ! »

De chez nous et de saison

Et si les topinambours, donc, mais aussi les panais, les bettes ou encore le persil tubéreux et d’anciennes variétés de tomates sont effectivement à la mode, très recherchés, les gens consomment aussi beaucoup de légumes de chez nous plus classiques et, surtout, de saison.

« C’est notre combat aussi, d’éduquer les gens à consommer de saison. Et il ne faut pas croire qu’ils cherchent nécessairement du bio : ils préfèrent manger du local que du bio qui vient d’Égypte ! Il faut surtout qu’ils perdent le réflexe que dans les grands magasins, on trouve de tout toute l’année : de toute façon, ceux qui achètent des tomates hors saison, nous avouent après qu’ils ont été déçus et décident de ne plus en prendre… » ¦

(*) CRIOC : Centre de Recherche et d’Information des Organisations de Consommateurs.