Will Oyowe, ça passe ou ça casse…

Oyowe pourrait être le Belge surprise du relais 4x400, mais il va devoir s’accrocher au « rythme Borlée ».

Belga

On dit de lui que c’est un diamant à encore polir. À 24 ans, Will Oyowe pourrait enfin éclore et intégrer le 4x400m belge.

D’abord Jacques Borlée l’a emmené « dans un frigo », soit en Islande pour un raid de cinq jours à skis sur un glacier. Ensuite, à peine remis, Will Oyowe a découvert toute l’intensité d’un stage olympique sous l’égide du boss du 4x400 mètres. Tout sauf des vacances… Son corps l’a d’ailleurs quelque peu lâché à Lanzarote. Il faut dire qu’au-delà d’un souci de mobilité de hanche, Will n’avait jamais travaillé à un tel rythme… Ni avec une telle rigueur. Mais d’ailleurs d’où sort cet invité surprise du relais belge ?

« Je suis né à Etterbeek en octobre 1987 d’un père travaillant aux communautés européennes et d’une maman femme au foyer, tous deux nés au Nigeria. On ne me connaît pas trop ici et mon français est très approximatif car j’ai vécu une grande partie de ma jeunesse en Grande-Bretagne (internat). En, plus, j’ai commencé l’athlétisme sur le tard, d’abord le sprint puis le 400m vers 17 ans ».

Avec des facilités évidentes (50’’4 pour son premier tour de piste), mais sans vraiment intégrer une cellule : il disposait d’un programme d’entraînement récupéré sur internet !

« J’ai aussi mis la pédale douce lors de mes études supérieures (NDLR : en arts graphiques. Gradué il espère intégrer un studio de dessins animés)».

Revenu sérieusement au sport, « notamment après avoir regardé les J.O. 2008 », Will a un moment rêvé porter les couleurs britanniques, mais le voilà désormais sous la bannière belge. Pourtant il n’avait brillé ni au championnat de Belgique ni aux sélections mises sur pied par J. Borlée, mi-août.

« En finale du national, j’ai fait un faux départ, et aux ‘trials’, j’étais crevé car je revenais en droite ligne de Zaventem et d’un long déplacement au Nigeria pour un mariage dans la famille ».

Il n’empêche : vu un chrono de référence de 46’’67 signé fin juillet, Jacques Borlée rêve de l’intégrer pour Londres au relais emmené par ses fils Kevin et Jonathan. Malgré le chemin à encore parcourir.

« Car je dois encore… tout apprendre ou presque, avoue Oyowe. À courir, à m’entraîner deux fois par jour, mais aussi à vivre comme un pro : arriver à l’heure (NDLR : puni d’heures supp’, il l’a payé à ses dépens à Lanzarote), manger plus sainement etc. Mais je suis motivé, je vais m’accrocher ».

« Will a l’impression d’être tombé dans une section de paracommandos, relève Jacques Borlée, mais le temps presse. Il reste deux places (et sept candidats) et vu ses références, il peut descendre sous les 46 secondes. Ça passera ou ça cassera. Je reste réaliste(NDLR : Jacques parle de 2 à 3 chances sur 10 d’être aux J.O.), mais je veux essayer et lui/nous donner toutes les chances »