SECURITE ROUTIERE

Utiliser les feux antibrouillard dès 50 m au lieu de 100 m ?

Utiliser les feux antibrouillard dès 50 m au lieu de 100 m ?

Faut-il réduire la distance à partir de laquelle l’utilisation des phares antibrouillard est obligatoire de 100 m à 50 m ? Le VAB et Touring le proposent.

Reporters

Depuis quelques jours, la brume ou le brouillard font leur apparition sur nos routes. Le VAB propose d’imposer l’utilisation des feux antibrouillard arrière dès que la visibilité est réduite à 50 m (contre 100 m actuellement). L’IBSR n’est pas contre, mais sans enthousiasme.

Ces derniers jours, le brouillard a fait de régulières apparitions sur nos routes. Chez nos voisins allemands et anglais, il a causé dernièrement d’importants carambolages.

Reportage d’Euronews sur le crash dans le sud-ouest de l’Angleterre :

Le VAB et Touring en profitent pour réclamer une modification de la législation belge concernant l’utilisation des feux antibrouillard arrière.

1. Visibilité. Alignement de la Belgique sur l’Allemagne et les Pays-Bas pour obliger les conducteurs à allumer leurs feux antibrouillard arrière à 50 m (contre 100 m actuellement).

2. Embouteillages. Autoriser les conducteurs à éteindre leurs feux antibrouillard en cas de bouchon.

L’IBSR a priori pas contre

Du côté de l’Institut Belge pour la Sécurité Routière (IBSR), on est – a priori – pas contre ces propositions, même si elles n’ont pas été évoquées à la Commission fédérale pour la sécurité routière.

En ce qui concerne la réduction de la distance de 100 m à 50 m, Benoît Godart, porte-parole de l’IBSR, note prudemment qu’il faudrait demander l’avis à des experts. « La distance de 100 m me semble convenable. Mais, a priori, on n’est pas contre une réduction à 50 mètres, pour autant que le feu antibrouillard soit utilisé à bon escient. Car il arrive fréquemment que certains conducteurs l’utilisent dès qu’il tombe une goutte de pluie et oublie ensuite de l’éteindre. Je crois qu’il faut d’abord insister sur le respect de la législation actuelle. Mais s’il est prouvé que dans d’autres pays, cette mesure est efficace, pourquoi pas l’adopter chez nous ? »

Pour ce qui est de la proposition d’éteindre les feux antibrouillards lorsqu’on se trouve dans une file, Benoît Godart convient « que c’est évident que dans une file, les feux sont moins utiles. » Sauf évidemment pour celui qui s’y trouve en dernier. « Et puis cela pourrait être contre-productif si les conducteurs oublient de le rallumer ! »

Bref, si l’IBSR n’y voit pas d’opposition majeure, il ne déborde pas d’enthousiasme non plus. « Les accidents dus au brouillard sont plutôt rares. C’est vrai qu’ils peuvent être graves, car ils impliquent souvent plusieurs véhicules. »

Entre 10 et 20 morts chaque année

Si le brouillard n’est pas un phénomène météo très fréquent, on dénombre chaque année entre 10 et 20 décès dus à une visibilité réduite à moins de 100 mètres. Selon l’IBSR – qui se base sur une étude française de l’Institut National de Recherche sur les Transports et leur Sécurité (INRETS) et du laboratoire régional des Ponts-et-Chaussées de Clermont-Ferrand (LRPC), le risque d’accident est deux fois plus élevé que dans des conditions de visibilité normales. Les causes principales ? La vitesse excessive et le non-respect des distances de sécurité (28 % des conducteurs, contre 12 % par temps clair). Ce serait dû à une sous-estimation du danger d’une part et à la part de repères précis d’autre part.

Cette étude démontre qu’il vaut mieux que les véhicules soient équipés de deux feux plutôt que d’un et que ceux-ci soient écartés de 135 cm plutôt que de 75 cm. Cela améliore l’évaluation de la distance et du gabarit du véhicule. Par contre, l’augmentation de la puissance des feux n’augmente pas significativement la sécurité. ¦

 

 

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