Emploi : les subventions wallonnes dans la ligne des MIRE

Emploi : les subventions wallonnes dans la ligne des MIRE

Belga

Les Missions régionales pour l’emploi sont au bord de l’asphyxie financière. La remise à l’emploi des plus précaires deviendra bientôt impossible.

Il existe en Wallonie 11 MIRE (Missions régionales pour l’emploi). Leur objectif est défini dans un décret wallon : elles sont chargées exclusivement de remettre à l’emploi de manière durable les personnes les plus précarisées, à savoir pour un contrat d’au mois 6 mois.

Chaque agent d’une MIRE est censé remettre à l’emploi au moins 10 personnes par an. Et le résultat est probant : en 2010, près de 4 700 personnes ont été insérées sur le marché du travail, 3 055 ont trouvé un emploi durable et 8 166 autres contrats ont été impulsés.

Autant dire que les MIRE sont une pierre angulaire de la politique de l’Emploi en Wallonie. D’autant qu’elles concernent un public très ciblé en situation de faiblesse sociale extrême.

Seulement voilà : la machine risque bien de se gripper. Et les MIRE sont très inquiètes pour leur avenir. Donc aussi pour celui des personnes à la recherche d’un emploi.

« Le ministre wallon de l’Emploi a décidé que les subventions 2012 seraient identiques à celles de 2011 »constate Paul Timmermans, président de l’Intermire (organe de coordination des MIRE wallonnes). « Or la subvention actuelle ne permet pas de faire face à l’augmentation du coût de la vie ni à celle de l’évolution barémique. Rien que pour maintenir notre mission de base, il faudrait une augmentation de subvention de 12 % ».

Concrètement, si André Antoine ne revient pas sur sa décision de geler les subsides dans le cadre du budget wallon 2012, ce sont 22 emplois qui passeront à la trappe. Sachant que chaque personne remet au minimum 10 personnes à l’emploi, la situation financière délicate des MIRE risque donc de priver au bas mot 220 personnes d’une remise au travail potentielle.

« La situation est d’autant plus difficile que la Région n’a toujours pas versé la dernière tranche de subvention de 2010 ni l’avance de 2011 » déplore encore Paul Timmermans. « Si l’administration mettait autant de zèle à faire son boulot qu’à nous contrôler, ça nous donnerait de l’air. Quant au gouvernement, il n’a visiblement pas décidé de faire de l’aide aux plus précaires une priorité. Par les temps de crise qui courent, c’est regrettable ».

Partout, le couteau sur la gorge

L’angoisse est croissante dans les 11 MIRE de manière égale. À Verviers, par exemple, c’est l’existence même de la petite antenne qui est menacée.

«Nous ne pouvons même plus assurer les charges salariales de nos employés qui ont augmenté de 45 000 euros en trois ans ! »explique sa responsable. « Nous sommes obligés de prendre un crédit de caisse pour résoudre nos problèmes de trésorerie ».

Pareil à Namur. « Nous sommes obligés de rentrer dans une logique marchande, ce qu’on nous reproche » analyse le directeur. «Le gouvernement devrait comprendre qu’un euro investi dans une MIRE, ce sont 2 euros qui lui reviendront lorsque nous aurons remis quelqu’un au travail et qu’il sera imposé. »

Tout cela sans parler de la situation schizophrénique des employés des MIRE censés trouver des emplois durables aux Wallons précarisés alors qu’ils ne sont même pas sûrs eux-mêmes de garder leur boulot. « Nous ne sommes sûrement pas les seuls à demander que notre enveloppe budgétaire soit élargie » conclut Paul Timmermans. « Mais il faut comprendre que nous sommes au cœur d’une priorité, à savoir l’équilibre social. Assumer notre subventionnement correct, c’est investir à court terme sur des emplois de qualités pour les plus fragilisés et à long terme sur l’effet qu’auront ceux-ci sur l’économie de notre région. »¦