Étonnée, Electrabel juge irréaliste de prolonger de 1 à 3 ans les centrales

Étonnée, Electrabel juge irréaliste de prolonger de 1 à 3 ans les centrales

Belga

Le producteur d’énergie Electrabel a fait part de son étonnement au lendemain de l’accord conclu entre les négociateurs pour la formation du prochain gouvernement fédéral sur le volet nucléaire et prévoyant le maintien du principe d’une sortie du nucléaire en 2015. Electrabel estime aussi « irréaliste » l’idée de prolonger des réacteurs nucléaires de quelques mois, voire quelques années.

Les négociateurs des six partis associés à la formation d’un nouveau gouvernement fédéral sont tombés d’accord dimanche pour confirmerle principe de sortie du nucléaire en 2015. Il a également été décidé que le nouveau gouvernement élaborera dans les six mois de son installation un plan d’équipement de nouvelles capacités d’énergie diversifiées et que la date effective de fermeture des premiers réacteurs sera précisée par le gouvernement en fonction de la mise en œuvre de ce plan d’équipement.

Electrabel se dit lundi étonné de cette décision au vu des études menées par différentes commissions et des plans prospectifs réalisés tant par le régulateur (la CREG) que par l’administration fédérale. Ces études ont abouti « à des conclusions identiques, sur base desquelles le gouvernement a décidé en 2009 de prolonger de 10 ans la durée d’exploitation des unités nucléaires de Doel 1-2 et de Tihange », souligne la filiale de GDF Suez.

Electrabel estime également qu’un éventuel report de 1 à 3 ans de la mise à l’arrêt des plus vieilles centrales nucléaires est « totalement irréaliste ». « Une telle idée méconnaît complètement les réalités industrielles et les contraintes de sûreté propres au secteur nucléaire », insiste l’entreprise.

Selon le producteur, nombre d’équipements constitutifs d’une centrale nucléaire ont fait l’objet d’une procédure de qualification pour une durée limitée à quarante ans. Au terme de cette période, ces équipements doivent être remplacés, « ce qui requiert des investissements considérables qui ne peuvent se justifier que dans le cadre d’une prolongation suffisante de la durée d’exploitation, et en tous cas au moins égale à 10 ans », juge l’entreprise.

Electrabel ajoute qu’elle se « conformera aux décisions prises, en mettant immédiatement en place des équipes de projet pour préparer la mise à l’arrêt dès 2015 des unités concernées » et informera, en parallèle, « son personnel, ses partenaires et ses sous-traitants des conséquences pratiques de la décision ».

Enfin, Electrabel « examinera les possibilités de réorienter les investissements qu’elle envisageait de faire pour prolonger ces centrales, soit près d’un milliard d’euros, pour garantir à l’avenir la sécurité d’approvisionnement de ses clients, notamment par le recours aux unités dont GDF Suez dispose actuellement en Europe », conclut l’entreprise qui se réserve le droit « de protéger ses intérêts au regard des engagements pris à son égard par l’État belge dans le cadre du protocole de 2009 ».