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Libye : la Belgique espère participer à la reconstruction du pays

Libye : la Belgique espère participer à la reconstruction du pays

AFP

La Belgique, qui a joué un rôle militaire non négligeable dans le conflit libyen, espère, sans s’en cacher, avoir désormais un rôle à jouer dans la reconstruction du pays après le renversement du régime de l’ex-dirigeant Mouammar Kadhafi et en retirer des retombées économiques.

Plusieurs ministres fédéraux, dont le dernier en date est celui de la Défense, Pieter De Crem (CD & V), mais aussi le député européen Louis Michel, ont abondé en ce sens.

« La présence belge (dans l’opération « Unified Protector » de l’Otan lancée au nom de la protection des civils libyens contre la répression menée par le régime après le début de l’insurrection, mais qui s’est traduite par le renversement du colonel Kadhafi) peut être valorisée dans la reconstruction » du pays, a indiqué M. De Crem samedi, lors d’une visite au contingent aérien qui a participé durant sept mois aux opérations depuis la Grèce.

Déjà en septembre dernier, le Premier ministre Yves Leterme (CD & V) également) avait tenu un discours similaire.

Des retombées économiques pour la Belgique

« Il est important que le CNT (le Conseil national de transition, issu de l’ex-rébellion et désormais au pouvoir à Tripoli) reconnaisse que la Belgique a été très active, très courageuse », avait-il déclaré à l’issue d’une conférence internationale sur la Libye réunie le 1er septembre à Paris.

« Le CNT, lors de la reconstruction de la Libye, aura une attention particulière pour les pays qui les ont aidés dans les moments plus difficiles », avait encore assuré M. Leterme.

« Ce qui importe, c’est d’instaurer un État de droit et la paix… mais je ne vais pas nier qu’il y aura des retombées économiques pour la Belgique », avait ajouté le chef du gouvernement démissionnaire.

La veille, un comité ministériel restreint avait annoncé son intention de libérer 100 millions d’euros d’avoirs libyens gelés, de consacrer six millions d’euros à la reconstruction de la Libye et de rouvrir rapidement l’ambassade de Belgique à Tripoli, fermée en février.

Quant au ministre des Affaires étrangères, Steven Vanackere (lui aussi CD & V), il avait souligné que « ce n’est pas du tout honteux » de parler d’un rôle économique belge dans la reconstruction du pays, s’opposant aux « réactions cyniques » voyant des intérêts pétroliers derrière l’intervention militaire internationale.

La Belgique peut apporter son soutien au peuple libyen pour qu’il mette sur pied un appareil judiciaire, mais aussi pour reconstruire son économie, avait dit M. Vanackere au lendemain de la mort du colonel Kadhafi, le 20 octobre.

« Elle doit participer à cette mission de reconstruction, comme les États-Unis, la France ou d’autres », a pour sa part déclaré l’eurodéputé Louis Michel (MR).

Réouverture de l’ambassade belge

Avant la guerre civile qui a débuté à la mi-février, la Libye, membre de l’Opep, produisait 1,6 million de barils de pétrole par jour. Le pétrole représentait plus de 95 % des exportations et 75 % du budget de l’État. Après une totale paralysie, l’activité pétrolière a repris progressivement depuis août. Les réserves du pays sont évaluées à 44 milliards de barils. Celles de gaz à 1,5 milliard de m3.

Le pays, qui a entrepris depuis la levée de l’embargo une série de réformes pour libéraliser l’économie, a enregistré en 2010 – avant le conflit – une croissance de 10,3 %.

Il a accordé ces dernières années des contrats d’équipement à de nombreuses sociétés multinationales.

C’est dans ce contexte que la Belgique est sur le point de rouvrir son ambassade à Tripoli, sept mois après sa fermeture pour des raisons de sécurité.