Robert Lamoureux salue la compagnie

S es obsèques auront lieu vendredi 4 novembre à partir de 11 h à la mairie de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

Reporters

Chansonnier, auteurs de pièces de théâtre et de films, dont la trilogie « La 7e compagnie », Robert Lamoureux est décédé samedi à l’âge de 91 ans.

« Papa nous a quittés ce matin. Il était tombé dans le coma avant-hier puis il s’est réveillé hier. On pensait que ça irait mieux, mais il est retombé dans le coma », a déclaré France Lamoureux.

Le comédien et dramaturge, né le 4 janvier 1920, souffrait d’un mélanome, «mais son décès n’est pas lié à ce cancer », a-t-elle précisé. La date des obsèques n’est pas encore décidée. Il sera inhumé à Neauphles Le Vieux (près de Paris), auprès de sa deuxième épouse Magali de Vendeuil.

« Papa, maman, la bonneet moi »

Robert Lamoureux a régné sur le comique populaire pendant plus d’un demi-siècle, d’abord comme chansonnier, puis comme auteur de films et de pièces de théâtre. Il a aussi été nommé trois fois aux Molière (cérémonie annuelle où les meilleurs acteurs sont consacrés par leurs pairs) pour ses rôles d’acteur.

Venu au cabaret en 1949, il y triomphe rapidement grâce à de longs monologues volontiers gouailleurs qu’il débite d’une voix légèrement nasillarde. Certains de ses sketches passeront à la postérité, comme Papa, maman, la bonne et moi.

Relégué dans l’ombre au début des années 1960, après avoir vainement tenté de s’imposer au cinéma comme acteur, il renoue avec le succès à la fin de la décennie grâce au théâtre, en reprenant d’abord d’anciens rôles de Sacha Guitry, puis en écrivant lui-même des pièces de boulevard, dont certaines tiendront l’affiche plusieurs années.

Quatre millions d’entrées pour la « 7e compagnie »

Il connaît la consécration dans les années 1970 grâce aux aventures de la « 7e compagnie », mettant en scène les aventures de soldats français livrés à eux-mêmes pendant la débâcle de 1940 et qui surmontent tous les obstacles grâce au « système D ». Le film Mais où est donc passée la septième compagnie ? interprété notamment par Jean Lefebvre, Pierre Mondy et Pierre Tornade, atteindra les quatre millions d’entrées.

Robert Lamoureux a écrit son film par rapport à son histoire personnelle vécue pendant la débâcle de juin 1940. La scène finale du parachutage est basée sur un fait réel : 58 parachutistes de la France libre furent parachutés en Bretagne par groupes de 3, dans la nuit du 7 au 8 juin 1944 pour neutraliser le réseau ferré breton dans le cadre du débarquement en Normandie 2 jours auparavant.

Le succès du film, troisième au box-office en 1973, a amené Robert Lamoureux a réalisé deux suites où on retrouve Pithiviers, Tassin et le sergent-chef Chaudard :

– 1975 : On a retrouvé la septième compagnie.

– 1977 : La Septième Compagnie au clair de lune.

Jean-Marie Bigard, très proche de Robert Lamoureux, s’est dit bouleversé : « C’est comme si j’avais perdu une seconde fois mon papa, mais mon papa de scène cette fois-ci », a déclaré l’humoriste, qui dit lui avoir « tout piqué ».

Pierre Mondy, un des soldats de la « 7e compagnie » et ami du réalisateur, a rappelé que Robert Lamoureux était « une personnalité populaire. Son humour n’était jamais grossier. Il a toujours été une sorte de Titi Parisien. Sa tournure d’esprit était complètement Gavroche ».

Robert Lamoureux a joué la dernière fois au théâtre en 2000, dans sa pièce Si je peux me permettre. Depuis, il se reposait dans sa résidence à Boulogne-Billancourt (près de Paris), où il écrivait des poèmes.