Un folklore usant

EDA - Jacques Duchateau

Vous aimez les débats politiques télévisés du dimanche ? Vous savez, ces programmes où l’air grave, pétris d’un savoir infini, élus et mandataires refont le monde sur un plateau cerné de caméras ? Enfin, quand on dit refont le monde, c’est une image. Pour l’instant, on dira qu’on se contente de reproduire des schémas préétablis, des comportements qui tiennent du folklore politique. Alors que les réunions qui doivent déboucher sur un budget fédéral se poursuivent, les différentes formations se chamaillent en direct. Ainsi, Écolo s’en est prisà Didier Reynders. Les Verts estimant qu’il n’était pas question que l’ancien président du MR rempile à son poste de ministre au sein du prochain gouvernement. « Si l’on veut changer de cap, il faut aussi changer de ministre », a déclaré le député écolo, Georges Gilkinet. Et paf dans les gencives, l’opposition écolo poursuit dans sa campagne vitriolée contre le trio francophone qui devrait être reconduit au gouvernement fédéral. C’était cousu de fil blanc : les Verts ont été éjectés comme des malpropres des discussions, ils ne vont pas se priver de ruer dans les brancards.

Là où ça n’a pas manqué de piquant, hier, lors du débat à la RTBF, c’est lorsque Sabine Laruelle a pris la défense de son bleu coreligionnaire Didier Reynders alors qu’on critiquait celui-ci sur le côté faiblard de lutte contre la fraude fiscale. Le sang de la ministre des PME n’a fait qu’un tour et derechef celle-ci s’est insurgée contre le peu d’argent rapporté par la chasse à la fraude… sociale. Sabine Laruelle s’amusant à laisser sous-entendre, façon roquet insidieux, que cette chasse-là n’était pas du ressort du MR au sein du gouvernement. Et que comparativement, la chasse à la fraude fiscale avait été mieux menée que celle contre la fraude sociale. Ambiance, ambiance. Celle que visait par la bande la ministre MR, c’était sa collègue PS Laurette Onkelinx avec qui elle bosse au sein du gouvernement. Avec qui elle devra encore travailler, de près ou de loin, pour l’avenir fédéral du pays. Ces querelles de bac à sable sont lassantes parce qu’elles font ressortir des jeux politiciens complètement mesquins et déplacés par rapport à la crise que nous traversons. Un peu d’esprit d’équipe et de retenue seraient les bienvenus, histoire de faire place aux vrais débats créatifs.