Les dirigeants des 17 pays de la zone euro (ici Nicolas Sarkozy) se sont mis d’accord la nuit passée.

Belga & Reporters

La zone euro espère tourner enfin la page de la crise avec une nouvelle série d’accords conclus la nuit passée, au bout de plusieurs jours de tractations à tous les étages. Recapitalisation des banques, restructuration « volontaire » de la dette grecque et renforcement du fonds de secours (FESF) sont les éléments d’un paquet grâce auxquels les dirigeants européens espèrent convaincre les marchés.

Les Européens ont d’abord mis la dernière main à une stratégie visant à renforcer le capital des banques dans les prochains mois. L’accord prévoit que les fonds propres durs des banques (capital social et bénéfices mis en réserve) seront portés à 9%.

Pour y parvenir, « les banques devront faire appel en priorité à des sources de capital privées, y compris par des restructurations et la conversion de dette en capital ». Elles pourront également solliciter les Etats et, en dernier recours, la FESF. Tant qu’elles n’ont pas atteint le seuil de 9%, elles « devraient être sujettes à certaines contraintes concernant la distribution de dividendes et le paiement de primes », ont décidé les dirigeants européens.

La zone euro a ensuite conclu avec les représentants des banques créancières de la Grèce un accord prévoyant une décote volontaire de 50% sur les obligations du pays. Une négociation individuelle avec les institutions créancières doit toutefois confirmer cet objectif. Le caractère volontaire de cette participation (PSI, private sector involvement dans le jargon) est en outre sujet à caution. Mais les Européens sont déterminés de préserver ce statut volontaire pour éviter un défaut de paiement officiel de la Grèce, qui aurait pour conséquence d’activer les credit default swaps (CDS) sur la dette de ce pays. Ces instruments financiers ont été largement utilisés pour spéculer sur la dette grecque. Leur activation risque de déstabiliser davantage le secteur financier.

Investissements chinois?

Grâce à cette participation accrue des banques, les Européens espèrent ramener la dette grecque à un niveau «soutenable» (120% du PIB) à l’horizon 2020, et éviter ainsi la contagion dans la zone euro. Ils ont par ailleurs salué l’annonce italienne de nouvelles mesures d’assainissement et de réformes structurelles.

Les dirigeants des 17 pays de la zone euro ont en outre décidé de porter de 440 à 1.000 milliards d’euros la capacité de la Facilité européenne de stabilité financière (FESF) via un «effet de levier» basé sur deux mécanismes distincts. La FESF pourra, d’une part, agir en tant qu’assureur pour garantir les obligations d’Etat, et d’autre part créer un ou plusieurs véhicules spéciaux destinés à accueillir les investissements du secteur privé ou de pays tiers comme la Chine.

Ce montage complexe doit faire passer la capacité de la FESF à 1.000 milliards d’euros sans augmenter la participation des Etats membres de la zone euro, ni faire intervenir la Banque centrale européenne.

À plus long-terme, la zone euro veut enfin renforcer son intégration économique. Une réforme des traités sera envisagée. Mais selon Herman Van Rompuy, la crise elle-même a déjà renforcé la discipline dans la zone euro. « La pression des pairs est devenue plus efficace, parce que l’argent des contribuables est en jeu », a-t-il noté.

Réactions positives

Les premières réactions au sommet européen étaient globalement positives, avec une ouverture en hausse des marchés asiatiques. La directrice-générale du FMI Christine Lagarde a salué des « progrès substantiels». Notre Premier ministre, Yves Leterme, a parlé quant à lui de «résultats vraiment excellents».

Signal positif: les bourses asiatiques, premières à ouvrir ce jeudi matin, sont en hausse.

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