Autriche: accusations d’abus sexuels et de prostitution dans un orphelinat

Des accusations d’abus sexuels et de prostitution de mineurs par des éducateurs dans un orphelinat de jeunes filles de Vienne dans les années 1960-1970 ont été portées par deux anciennes élèves de l’établissement du château de Wilhelminenberg.

Dans un entretien au quotidien Kurier, les deux anciennes élèves de l’orphelinat, âgées à l’époque de six et huit ans, accusent des éducateurs de prostitution de mineurs et de nombreux cas de violence.

Johannes Köhler, directeur des services à la jeunesse de la municipalité de Vienne, a déclaré lundi dans une conférence de presse qu’une commission « Schloss Wilhelminenberg » va enquêter sur la véracité des accusations des deux femmes, qualifiées de « très graves ».

« Si un tel système existait, tout le monde à l’intérieur de l’orphelinat devait être au courant. Ce serait comme une organisation criminelle. Cela signifierait que les éducatrices qui ont travaillé dans ce centre étaient au courant de ces pratiques et qu’elles auraient fermé les yeux », a-t-il insisté.

Deux éducatrices, qui travaillaient dans l’orphelinat public au début des années 1970, n’ont jamais remarqué de violences sexuelles contre les élèves: « Je ne peux pas imaginer que de telles choses se soient produites, » a ainsi déclaré Soeur Gerti à l’agence de presse autrichienne APA. Elle s’est pourtant déclarée choquée par les méthodes pédagogiques de l’orphelinat.

L’établissement avait recours dans les années 1960 et jusqu’au milieu des années 1970 à des méthodes éducatives « sadiques », selon les termes employés par Johannes Köhler. « Il n’y a aucun doute là-dessus », a-t-il poursuivi. L’orphelinat a fermé ses portes en 1977.

Depuis que les faits ont été rendus publics, les langues se délient et des témoignages affluent, attestant de l’existence d’un tel système.

Un procureur ou un juge à la retraite doit maintenant prendre en charge le dossier à la tête de la commission d’enquête « Schloss Wilhelminenberg ». Mais, judiciairement, les faits, s’ils s’avéraient avérés, sont prescrits.