FRANCE – PRESIDENTIELLE 2012

François Hollande, guignol ou gagnant ?

François Hollande, guignol ou gagnant ?

AFP

Le vainqueur de la primaire socialiste, François Hollande, est-il l’homme qui peut ramener la gauche au pouvoir 17 ans après ? Son second discours dit oui, le premier non.

Hier soir, rue de Solférino, François Hollande a commencé maladroitement par jouer à la perfection le rôle de « gros bêta » que lui donnent les Guignols de l’Info lors de son premier discours. L’officiel. Celui derrière le pupitre, face aux micros et caméras des télés en direct. Là, Hollande a déçu. Une parole un peu ringarde. Pas d’envolée. Peu d’excitation. Quelques approximations verbales. François Hollande semblait bien coincé. Et le fameux « euh euhhh » des Guignols n’était pas loin.

Dix minutes plus tard, le même homme se métamorphosait en orateur de talent devant les militants du PS pour une séance de motivation collective, digne des plus grandes heures mitterrandiennes. Entouré de ses adversaires et de ses proches, dont Ségolène Royal qui renaissait de ses cendres, Hollande, micro à la main, était plus sincère, pugnace et surtout efficace devant une assemblée qui était sienne. Il s’en allait sous les acclamations : « François Président ! ».

Du Hollande « guignol » et sans charisme au Hollande « candidat crédible à la présidentielle », il n’y a pas eu plus de dix minutes. Le public, le cadre de discours a suffi à changer l’homme.

S’il a pu redresser la barre tout de suite hier soir, François Hollande n’aura pas toujours droit à une seconde chance. Surtout pas dans une campagne présidentielle où tous les coups sont permis et où le candidat d’un camp s’adresse à tous les Français et non plus aux seuls sympathisants de son propre parti.

Face aux machines de guerre télévisuelles que sont Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy et dans un autre style François Bayrou, Hollande devra du premier coup jouer la bonne partition. Celle du Hollande naturel, sans stress et un rien blagueur pour que son discours ne plombe par les idées défendues par la gauche.