tour de lombardie

Il y avait les uns et Zaugg…

Il y avait les uns et Zaugg…

Oliver Zaugg a remporté, à 30 ans, sa première victoire professionnelle, et pas n’importe laquelle.

Belga

On attendait Gilbert, Nibali, Van Avermaet ou Moreno sur ce Lombardie. C’est l’inconnu Oliver Zaugg qui s’est imposé.

Oliver Zaugg. Qui c’est ? Un illustre inconnu, équipier de Maxime Monfort chez Léopard. Désormais, le Suisse aura l’honneur de figurer dans le palmarès du Tour de Lombardie, ce qui n’est pas rien. Quant à expliquer ce succès, inattendu, d’un soldat de l’ombre, d’un coureur qui n’a jamais rien gagné, alors qu’il est âgé de trente ans, personne ne peut avancer de franche explication, pas même le principal intéresse.

« Je suis aussi surpris que vous, avouait celui qui avait largué ce qui restait du peloton dans la dernière difficulté, la côte de Villa Vergano. J’ai eu la possibilité de jouer ma carte, j’ai réussi. On me disait que j’avais les qualités pour le faire, mais j’avais fini par en douter. Toute cette semaine, depuis le GP Beghelli, j’ai pensé à cette course, au final, j’imaginais ce que j’allais faire. Et je me suis retrouvé dans des conditions parfaites pour attaquer. C’était important d’avoir reconnu le parcours vendredi. J’ai eu la chance de ne pas être repris. L’attaque de Nibali ? Elle ne m’a pas inquiété. Le Ghisallo est loin de l’arrivée et la descente n’est pas très technique, même si Nibali est un grand spécialiste. J’ai vu que les Sky roulaient, je suis resté tranquillement dans le peloton. J’ignore ce que ça va changer pour moi dans l’équipe mais je sais que ça va me donner une grande confiance. Je crois davantage en moi, je me sens plus fort surtout dans le final. Je commence à comprendre que c’est la tête qui fait la différence. »

Gilbert : « je suis à ma place »

Dans le peloton, ce Zaugg n ‘est pourtant pas un inconnu. « Je suis content pour lui, reconnaissait Philippe Gilbert, par ailleurs consacré pour la 3efois au Gala du Flandrien. Ce Zaugg, on savait bien dans le peloton qu’il avait de gros moyens. Et même s’il n’est pas connu du grand public, nous, on savait que c’était un coureur de qualité. »

Quant à son Tour de Lombardie, que Gilbert a terminé huitième ce dernier samedi, le double vainqueur estimait qu’il était à sa place dans cette hiérarchie. « Parce que j’étais à la limite des crampes dans cette dernière montée, avouait-il, une difficulté que j’avais pourtant reconnue le vendredi, mais sans savoir si j’étais sur la bonne route. Il n’y avait encore rien de fléché et je me suis rendu compte samedi que je n’avais pas pris la bonne route au cours des deux derniers kilomètres. Mais, bon, ce n’est pas une excuse et il faut reconnaître qu’on a eu droit à une course mouvementée. Dans le Ghisallo, j’étais devant avec Nibali. Quand il a démarré sur le grand plateau, j’ai pensé que j’allais revenir sur lui au train, mais il a continué sur le grand plateau. Nous, on a préféré attendre le retour d’un bon groupe derrière… »

S’en est suivi un regroupement avant ce mur de Villa Vergano, et l’attaque, un peu manière de cyclotouriste, de cet Oliver Zaugg, assuré de poursuivre sa carrière chez Radioshack-Nissan-Trek. ¦