L’homme qui veut être un «président normal»

AFP

Parti très tôt en campagne en outsider, François Hollande a réussi à convaincre les électeurs de gauche qu’il était le mieux à même de « rassembler » contre Nicolas Sarkozy en 2012 en dépit de son inexpérience gouvernementale et de son image d’homme d’appareil consensuel.

Lorsqu’il se déclare le 31 mars depuis son fief de Tulle, préfecture de 15 000 habitants de la Corrèze, les ténors socialistes ont alors le regard tourné à 6 000 kilomètres de là vers Washington, rivés au moindre signe de Dominique Strauss-Kahn, patron du FMI, qui caracole en tête des sondages.

Mais François Hollande, qui sillonne la France depuis déjà des mois, n’en a cure. L’ex-numéro un du PS, aminci et débarrassé d’un physique tout en rondeurs qui lui avait valu le qualificatif peu flatteur de « Flanby » (un flan au caramel prisé des enfants), est déterminé à aller jusqu’au bout. Cette ténacité lui permettra de s’engouffrer dans le vide créé par l’arrestation à New York le 14 mai de DSK, dont il récupère très vite la place de favori.

Voyant dans les primaires un « tour préliminaire » de la présidentielle, il répète que son devoir est « de rassembler les socialistes, puis la gauche et enfin les Français », dans la filiation de François Mitterrand dont il imite les postures en meeting.

Sur les estrades, ce fin orateur, affable et souriant, fait mouche par son humour acéré dont il a fait un atout tout au long de sa carrière.

Assurant que « le prochain chef de l’État doit être l’inverse de Nicolas Sarkozy », il prône un « président normal », lui qui circule dans Paris en scooter, à l’inverse du style « bling-bling » des débuts de « l’hyperprésident ».

Social-démocrate assumé, à l’aise sur les questions économiques, il concentre ses propositions sur « l’essentiel » : l’emploi des jeunes, la justice fiscale, l’éducation et le sérieux budgétaire face à la crise de la dette.

Ce destin présidentiel semblait pourtant impossible lorsqu’il quitte la tête du Parti socialiste fin 2008, au bout de onze ans. Sa rivale dans la primaire, Martine Aubry, qui lui a succédé à la tête du parti en 2008, lui reprochera d’avoir laissé « un parti en miettes ».

En 2007, certains le poussent à se présenter à la présidentielle comme patron du PS. Mais il « ne sent pas prêt » et Ségolène Royal s’est déjà imposée dans les sondages. Il la soutiendra sans enthousiasme. Le couple est déjà séparé, rupture qui sera officialisée peu après la défaite de Ségolène Royal. Depuis, François Hollande vit avec la journaliste politique Valérie Trierweiler.¦